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La Bourse s'invite au Palais fédéral

by Stéphanie Germanier, Cédric Gaspoz
Le Matin Dimanche (2007)

Abstract

Considérer les partis politiques comme des actions boursières et laisser faire les lois du marché pour pronostiquer l'issue des élections d'octobre. Une première en Suisse, qui permet, mieux que les sondages, de jauger le poids électoral de chaque groupe.

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La Bourse s'invite au Palais fédéral

Dimanche 19 Août 2007
Considérer les partis politiques
comme des actions boursières et
laisser faire les lois du marché
pour pronostiquer l'issue des
élections d'octobre. Une première
en Suisse, qui permet, mieux que
les sondages, de jauger le poids
électoral de chaque groupe
Stéphanie Germanier - 18 Août 2007
Le Matin Dimanche
Le Matin Dimanche
Actu
ÉLECTIONS - NOUVEAUTÉ
La Bourse s'invite au Palais fédéral
Et si les lois du marché étaient plus
fiables que les sondages d'opinion
pour déterminer quel parti politique
sera le grand gagnant des prochaines
élections fédérales? C'est peut-être ce que prouvera la Bourse électorale virtuelle
que lance la SSR SRG idée suisse.
Règles du jeu: les partis gouvernementaux sont considérés comme des actions, et
chaque boursicoteur fait son petit marché sur Internet en prévision du 21 octobre.
Résultat: la valeur du cours final d'un parti correspond bien souvent au résultat sorti
des urnes. L'expérience n'a jamais été menée en Suisse, mais a déjà fait ses
preuves lors d'élections aux Etats-Unis ou en Autriche. Si l'expérience en est à ses
balbutiements sur le plan politique, l'économie a déjà une longueur d'avance.
Nombre d'entreprises font désormais davantage confiance à un système de
prédiction qu'à leurs meilleurs analystes marketing pour lancer de nouveaux
produits.
La raison à la place de l'opinion
Sur le plan politique, les résultats d'une telle Bourse sont souvent bien plus proches
de la réalité que les sondages d'opinion. On parle même d'une fiabilité multipliée par
dix par rapport aux prises de température des instituts de sondage.
Pour deux raisons, explique Cédric Gaspoz, qui travaille sur le thème des marchés
de prédiction à l'Université de Lausanne. «D'abord parce que, lorsqu'on pose une
question à un sondé, il va plutôt répondre en fonction de son opinion personnelle.
Par exemple, pour les élections, s'il a une sensibilité écologiste, il dira qu'il va voter
vert. Or, s'il joue en Bourse, son but sera de faire la prédiction la plus probable. Il
sait que les Verts ne deviendront pas le parti le plus fort du Parlement, alors il
achète ou vend ses actions de façon raisonnable. De plus, le marché s'autorégule.
Car ce sont les personnes qui jouent le mieux qui gagnent le plus d'argent et qui
auront donc le plus d'influence sur le marché. D'où sa fiabilité.»
Mais que les boursicoteurs en herbe ne s'emballent pas trop. Les actions et l'argent
de la Bourse aux élections ne sont que virtuels. Dans ce cas-là, comment être
certain que les prédictions se font de façon sérieuse? «Une étude académique
démontre qu'il n'y a pas de différence de fiabilité entre une Bourse qui récompense
et une autre qui se joue avec de la «play money (n.d.l.r.: argent virtuel)», explique
encore Cédric Gaspoz.
Un projet pour les votations
C'est une société autrichienne qui propose ses services à la SSR pour ces élections
2007. L'Université de Lausanne développe, quant à elle, cet outil pour voir quelles
sont les nouvelles technologies qui ont le plus de chances d'avoir des débouchés.
L'équipe de l'UNIL pourrait toutefois s'associer à l'IDHEAP pour développer une
© Le Matin Online | wwww.lematin.ch
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Bourse en vue des diverses votations fédérales de l'an prochain.
Swissinfo, la Télévision et la Radio alémaniques ont déjà mis en ligne la plate-forme
de prédiction. La Suisse romande lancera l'opération d'ici à la fin du mois.
Comment ça marche?
Pour jouer en Bourse, il faut se rendre sur le site Internet de Swissinfo.org ou dès la
fin du mois sur ceux de la TSR ou de la RSR.
Chaque joueur qui s'identifie reçoit un nombre fixe d'actions et une somme virtuelle
d'argent. L'objectif du jeu est de maximiser le capital grâce à de bons pronostics et
d'habiles spéculations sur la force des partis politiques.
Le 21 octobre à 2 h du matin, les actions sont rachetées à leur valeur par la banque.
Pas de gain mirobolant à la clé, mais un home cinema pour l'heureux élu, qui sera
tiré au sort parmi les 50 premiers du classement. Sans compter bien sûr la
satisfaction de participer à une expérience pilote en Suisse. Sur les divers sites
Internet de la SSR, vous pouvez trouver toutes les conditions de participation ainsi
que des conseils et astuces pour boursicoter. Il est également possible de participer
à un forum de discussion, pour l'instant surtout campé par des Alémaniques.
S'amuser utile
Max* est un observateur assidu de la Berne fédérale. Depuis quelques semaines, il
vend, achète, échange tous les jours des «actions politiques». Pour s'amuser
d'abord. Pour apprendre ensuite. «C'est étonnant de voir comment les valeurs
boursières des partis fluctuent chaque jour, selon leur actualité et leur présence
dans la presse. Par exemple, ces jours-ci j'achète surtout des actions radicales, car
le PRD vient de reprendre en main sa campagne après la pause estivale. Les partis
politiques devraient observer le phénomène, la valeur de leurs actions boursières
leur renvoie un juste reflet de leurs actions concrètes sur le terrain.»
*Prénom connu de la rédaction
Dimanche 19 Août Droit de reproduction et de diffusion réservés
© Le Matin Online | wwww.lematin.ch
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