Abstract
Pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale qui augmentent dans les années 1980 en raison de la croissance du chômage et du sous-emploi, la France transforme son système de protection sociale. A côté des assurances sociales liées à l’emploi salarié stable, se met en place un système spécifique, subsidiaire, universel et minimal. Ce système vise en théorie à réparer les assistés ; il ménage un rôle important aux avocats des personnes pauvres ; il s’appuie sur une information économique et sociale qui scrute les dispositifs et leurs bénéficiaires. Près de trois décennies plus tard, le système n’a pas enrayé la pauvreté. Pire, il contribue à stigmatiser celles et ceux qui la vivent. L’argent des pauvres reste rare et insuffisant. S’il remédie aux pires situations de pauvreté, il fait aussi l’objet de soupçons d’intempérance et de contrôles accentués.
Cite
CITATION STYLE
Viguier, F. (2013). Les paradoxes de l’institutionnalisation de la lutte contre la pauvreté en France. L’Année Sociologique, Vol. 63(1), 51–75. https://doi.org/10.3917/anso.131.0051
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