Abstract
RÉSUMÉ Comment interpréter l’insertion dans le droit royal français de l’emprisonnement pour dette civile en 1303 ? Cette aptitude nouvelle du roi à saisir le corps de ses sujets pour des raisons financières privées, qui participait de la définition d’un ordre socio-économique public, s’explique-t-elle par la volonté de prévenir des violences interpersonnelles dont le crédit était porteur ? L’article explore d’abord les liens entre l’endettement privé et les usages de la force à la fin du Moyen Âge, à partir des sources judiciaires parisiennes principalement. Sur ce fond de violences exercées par les débiteurs récalcitrants ou par les créanciers impatients, il montre que l’emprisonnement pour dette fut codifié par les juridictions royales comme un usage public, consenti et euphémisé de la force.
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Claustre, J. (2007). La dette, la haine et la force : les débuts de la prison pour dette à la fin du Moyen Âge. Revue Historique, n° 644(4), 797–821. https://doi.org/10.3917/rhis.074.0797
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