Abstract
Flux : Que signifie la notion d'interdépendance dans la gestion des déchets, des points de vue académique et opéra-tionnel ? Quelles en sont les implications épistémologiques et méthodologiques ? Comment sont-elles appréhendées et mo-bilisées dans vos travaux de recherche ? L'idée d'interdépendance ne figure pas à proprement par-ler dans nos travaux. Si nous n'avons pas, d'un point de vue interprétatif, mobilisé cette notion pour construire les cadres d'analyse de nos cas d'étude, il nous a néanmoins semblé in-téressant de les revisiter et de tenter de les discuter à la lumière de cette notion, dans le cadre de votre numéro thématique. Votre proposition de travail formulée à partir de l'idée d'inter-dépendance constitue un levier ou une clef de lecture singu-lièrement stimulante pour objectiver notre propre expérience de recherche, précisément parce que nous n'avons pas utili-sé l'idée d'interdépendance ; c'est donc une « absence », qui n'est pas fortuite comme on va le voir, qui nous interpelle et à partir de laquelle on peut entrer dans ce dialogue. Remarquons que les entrées telles qu'« interactions », « in-terconnexions », « imbrications » mentionnées dans l'appel préparatoire à ce dossier nous sont plus familières, soit parce que nous les avons nous-mêmes utilisées, soit parce qu'elles sont en mesure de résumer, de rendre compte synthétique-ment de la manière dont nous avons envisagé empiriquement certaines situations ou rendu compte de certains processus ; éventuellement nous pouvons trouver un point de convergence avec votre perspective de travail à travers l'entrée « complé-mentarité » sous-entendue par l'idée d'interdépendance. Claudia Cirelli est ingénieure de recherche à l'UMR CITERES de l'Université de Tours. Ses recherches portent principalement sur les politiques publiques de l'eau et des déchets. Dans ces deux domaines, sur des terrains mexicains, français et plus récemment argentins, elle s'est intéressée-par le biais d'une approche ethnographique-aux situations de conflit, aux mobilisations et aux formes d'engagement qui découlent de la territorialisation de l'action publique. Fabrizio Maccaglia est géographe, enseignant-chercheur à l'Université de Tours. Ses recherches sur les politiques publiques des déchets se situent au croisement de l'action publique territoriale et de l'action environnementale. D'abord intéressé par la planification des infrastructures de traitement des déchets et l'organisation de la gestion dans les territoires en situation de crise, Fabrizio Maccaglia poursuit désormais des recherches touchant aux formes de politisation des déchets et des rapports sociaux dont ils sont le vecteur. Sur le thème des déchets, Claudia Cirelli et Fabrizio Maccaglia ont récemment coordonné le numéro thématique de la revue Géocarrefour « Penser le politique par les déchets » (2021) ainsi que l'ouvrage collectif « Territoires des déchets. Agir en régime de proximité » (2019).
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Cirelli, C., Maccaglia, F., Caillaud, K., Nessi, H., & Rulleau, B. (2022). Les déchets, un secteur pour appréhender les asymétries et les relations de pouvoir inhérentes aux interdépendances ? Flux, N° 128(2), 75–80. https://doi.org/10.3917/flux1.128.0075
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