Abstract
Cet article analyse les façons dont le raisonnement s'attache aux contextes culturels et pondère les fondements de la prise de décision dans une sorte de terrain commun ou dans une reconnaissance de la diversité. Il considère la critique féministe de l'éthique du discours selon Habermas et les efforts de Benhabib de réviser cette approche pour répondre à la diversité culturelle. Alors que la bonne volonté et de bonnes procédures peuvent certes créer les conditions de la communication transculturelle, le défi est autre de créer les conditions pour arriver à des décisions consensuelles ou qui lient les parties. L'auteur rejette la possibilité de standards universels de décisions raisonnées sur trois points. Les raisons conformes aux standards d'un public multiculturel ne peuvent s'appuyer sur une mesure unique. Le raisonnement ne peut être détaché, de manière cartésienne, de l'être incorporé qui raisonne. L'acte de raisonner n'est pas un exercice mental privé et privilégié qui se conforme à un ensemble unique de règles. S'appuyant particulièrement sur les traditions de la rhétorique, d'Aristote à Perelman, l'article conclut que les raisons doivent s'adresser à diverses audiences, que la spécificité affective et corporelle de ceux qui délibèrent est d'une importance cruciale (il importe qui sont les juges) et que nous devons tous poursuivre notre «éducation morale» en dialoguant avec divers groupes et manières de penser. This is an inquiry into the ways in which reasoning attaches to cultural context. It considers whether to seek grounds for decision-making in some common ground or in a recognition of diversity. The essay considers feminist criticisms of Habermas's discourse ethics and Benhabib's efforts to revise such an approach in response to cultural diversity. While the conditions for communication across cultures may be readily met with good will and good procedures, the conditions for reaching binding or consensual decisions are more challenging. The essay rejects the possibility of universal standards for reasoned decisions on three grounds. Reasons conforming to the standards of a multicultural public cannot rest on a single yardstick. Reasoning cannot be detached, in the Cartesian manner, from the corporeal being who is doing the reasoning. Reasoning is not a private and privileged mental process conforming to a unique set of rules. Drawing particularly on traditions of rhetoric from Aristotle to Perelman, the essay concludes: that reasons must be addressed to diverse audiences; that the affective and bodily specificity of deliberators is of central relevance (it matters who judges are); and that we must all continue our “moral education” in dialogue with diverse groups and ways of thinking.
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Mohr, R. (2005). Some Conditions for Culturally Diverse Deliberation. Canadian Journal of Law and Society, 20(1), 87–102. https://doi.org/10.1353/jls.2006.0014
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