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Ibrahima Badji

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      LEÇON I UN BUT, UNE VOIE Le grand enseignement de la sourate Je ne veux pas faire un récit ni un résumé de l'histoire de Youssef, paix sur lui, ceux qui ne l'ont pas bien en tête n'ont qu'à relire la sourate. Le grand enseignement de la sourate est la conclusion que Youssef a dit à ses frères: "Quiconque agit selon la piété et patiente, très certainement, Allah ne perd pas la récompense des bienfaisants" (v90). La sourate nous montre du début à la fin que celui qui agit pieusement est gagnant tôt ou tard, alors que celui qui fait le mal est toujours perdant. 1) Faux calcul, double perte Les frères de Youssef analysent la situation en disant: "Youssef et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort. Notre père est dans un tort évident" (v8). Au lieu de se demander pourquoi leur père préfère Youssef et Benyamin, et de comprendre que c'est par leurs qualités morales et qu'ils n'ont qu'à s'efforcer d'acquérir eux aussi ces mêmes qualités ce qui leur ferait gagner l'amour de leur père ainsi que l'amour d'Allah, et la bonne vie dans ce monde et dans l'au-delà, au lieu de se remettre eux-mêmes en cause, ils rejettent la faute sur leur père et le traitent d'égaré. Les voici déjà en train de commettre un péché majeur qui est la médisance, pire même puisque c'est de la calomnie, et pire encore puisque c'est contre leur propre père et qui est de surcroît un homme saint et un prophète fils de prophète et petit-fils de prophète. Peuvent-ils espérer obtenir l'amour de leur père alors qu'ils le méprisent, qu'ils médisent de lui et qu'ils le calomnient? Non, car les coeurs communiquent, et on ne peut obtenir l'amour de quelqu'un qu'avec un amour et un comportement sincères. Nous voyons bien la double perte et le double gain: par leur raisonnement ils perdent encore l'estime de leur père et ils récoltent la colère d'Allah; s'ils avaient pensé à s'améliorer, ils auraient obtenu l'estime de leur père et l'agrément d'Allah. Puis la solution qu'ils trouvent: "Tuez Youssef ou bien éloignez-le dans n'importe quel pays, afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien" (v9). Ils croient qu'en se débarrassant de Youssef leur père les aimera à sa place et puis ils auront le temps de devenir pieux et de satisfaire Allah, car ils sont quand même croyants et ne négligent pas totalement la satisfaction d'Allah. Ce calcul est doublement faux: pour l'amour de leur père, nous l'avons expliqué au paragraphe précédent; et quant à la piété, ils ne pourront jamais l'obtenir jusqu'à se repentir de ce péché qu'ils vont commettre, ce qui veut dire le regretter du fond de leurs coeurs et demander le pardon ou le dédommagement à ceux qui ont subi le tort. Or dans leur calcul, si tout se déroule selon leurs prévisions, ils ne regretteront jamais leur acte et s'en féliciteront jusqu'à la fin de leurs jours. De même, ils ne s'excuseront jamais auprès de leur père et encore moins auprès de Youssef. Leur péché leur pèsera donc toujours sur la conscience. Bien pire, il pèsera de plus en plus lourd puisqu'ils ne cesseront de mentir à leur père, et le bien-être dont ils jouiront sera construit sur ce péché. Ainsi, ce péché les empêchera jusqu'à la fin de leurs vies d'améliorer leur relation avec Allah, car on ne peut pas aimer Allah, on ne peut pas le supplier avec sincérité, on ne peut pas lui dire sincèrement: "c'est toi que nous adorons" en gardant des péchés sur la conscience, en les oubliant, et en se disant que cela n'est pas à négocier, qu'Allah n'a pas à s'en mêler et que c'est ma chose personnelle dont je ne me déferai jamais. Quand j'ai commencé à pratiquer l'Islam, j'ai rapidement constaté que chacun avait avancé dans l'Islam jusqu'à un certain niveau puis s'est arrêté en se donnant soi-même une barrière en disant: "cette chose-là, je ne la ferai pas, je ne peux pas la faire, c'est réservé aux compagnons du Prophète, ce n'est pas pour moi". Il croit alors qu'il lui manque une toute petite partie de l'Islam, disons 0,5%, et qu'il peut travailler sur les 99,5% restants. Il ne se rend pas compte que cette chose qu'il a laissée l'empêche de pratiquer une autre, et de comprendre une troisième. Ces trois réunies l'empêchent d'accéder à toute une partie de l'Islam, puis arrivent des circonstances où cette lacune et ce déséquilibre lui jouent des mauvais tours graves. En vérité, ce n'est pas un détail de 0,5% qu'il a laissé, mais c'est une barrière qui le limite de tous les côtés et qui l'empêche de progresser jusqu'à ce qu'il se décide