Les PME et PMI créent la majeure partie de la richesse nationale et des emplois, réalisent plus de la moitié des investissements productifs de notre pays. Si par leur taille, leur histoire, leur souplesse d’adaptation, elles sont souvent le creuset de l’innovation et sources d’informa-tions convoitées par la concurrence, l’acteur au sein d’une organisation structurée en mode projet créatif comme l’utilisateur de ses produits, y tient une place principale dans le mana-gement de l’information et l’émergence de nouvelles idées. La place de la veille stratégique et de l’intelligence économique dans leurs processus de développement, de diversification, d’innovation et de prise de décision n’est plus à démontrer. Cependant si l’aspect défensif leur est devenu plus familier, l’aspect offensif se borne sou-vent à un rôle de collecte, de traitement de l’information et d’instauration de processus de veille. Le volet offensif de l’intelligence économique telle que nous l’envisageons dans notre propos a trait à la créativité en tant que support d’une intelligence compétitive et aux tech-niques publicitaires qui peuvent contribuer à définir, puis à intégrer un modèle offensif au sein des PME PMI. Un modèle qui ne serait pas l’apanage des seuls services de veille, mais à la portée de chaque acteur de l’entreprise afin qu’il puisse être source de diversification, d’innovation et de prise de décision. Nous nous référerons à la sociologie de l’acteur réseau ou sociologie de la traduction développée par Latour, Callon et Latour (1991 et suivantes), ainsi qu’aux propositions récentes que nous avons appelé de « reverse creativity »ou les usages nouveaux et utili-sations nouvelles imaginées ou détournées de produits occupent une proposition perti-nente. Nous prendrons appui sur la méthode de création de la connaissance Nonaka et Takeuchi (1997) qui soutient que le salarié est l’acteur principal de l’entreprise car il possède les connaissances, traite l’information et interagit avec son organisation pour y faire émerger de nouvelles propositions. Enfin, nous analyserons les techniques créatives publi-citaires, et notamment la technique de la « disruption » que l’on doit au publicitaire Jean Marie Dru (1996 et 2003), et tenterons de démontrer qu’un modèle qui relierait le domaine de la « connaissance » à celui de la « créativité », servirait les objectifs tactiques et straté-giques de l’entreprise.
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CITATION STYLE
Bertachhini, Y., & Strasser, C. (2011). Intelligence économique et créativité au sein de la PME/PMI : une compétence offensive à organiser. Revue Internationale d’intelligence Économique, 3(1), 15–35. https://doi.org/10.3166/r2ie.3.15-35