Résumé Sur la base des registres d’admission, des bulletins cliniques et des publications du directeur, l’article explore la façon dont la maternité de l’université de Göttingen a atteint ses trois objectifs officiels : former des étudiants en médecine, former des sages-femmes et procurer un abri aux parturientes dans le besoin. La formation des médecins étant le but principal de l’hôpital, l’article s’intéresse à la façon dont les exigences de la formation ont influencé les pratiques obstétricales au jour le jour, en particulier sous la direction du professeur Friedrich Benjamin Osiander (1792-1822). Celui-ci était un fervent avocat du forceps tandis que le premier directeur, le professeur Johann Georg Roederer (1751-1763), avait une approche plus modérée, c’est-à-dire moins interventionniste de l’obstétrique. De son propre aveu, Osiander était décidé à soumettre les parturientes aux exigences de la clinique et à les traiter comme des « mannequins vivants ». Malgré cela, il s’avère que certaines femmes enceintes et en couches, pour la plupart des filles mères issues des classes défavorisées, ont utilisé l’hôpital de maternité en fonction de leurs propres objectifs et ont parfois refusé de jouer le rôle qui leur était attribué. Le lien entre hôpital de maternité et montée en puissance de l’accoucheur et d’une obstétrique « scientifique » semble avoir été particulièrement fort à Göttingen et dans d’autres maternités universitaires allemandes par comparaison avec d’autres pays où ce lien est moins évident.
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Schlumbohm, J. (2002). Comment l’obstétrique est devenue une science. Actes de La Recherche En Sciences Sociales, n° 143(3), 18–30. https://doi.org/10.3917/arss.143.0018
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