Abstract
Souvent présenté comme le premier théoricien des « sociétés paysannes », Robert Redfield a été un chercheur de terrain dynamique avant d’élaborer une modélisation évolutionniste du passage inéluctable de la folk society à la société urbaine. Dans ce cadre, les sociétés paysannes ne représentent qu’une phase de transition, une part society entre deux modèles de sociétés globales. Cette théorie, mise en pratique un certain temps par l’indigénisme mexicain, et dont l’influence sur la sociologie rurale naissante est incontestable, a été l’objet de nombreuses critiques portant notamment sur le fait que la domination de la paysannerie par les groupes urbains a été sous-estimée. Cependant, ces critiques ne tiennent pas compte du contexte dans lequel évoluait l’auteur, qui voyait dans la désintégration de la paysannerie l’avènement de civilisations porteuses d’émancipation et d’égalité.Robert Redfield and the invention of "peasant societies"Often presented as the first academic to build theories about "peasant societies", Robert Redfield spent time in the field before he drew up an evolutionary model of the inevitable passage from folk to urban society. In this model, peasant societies are but a transitional phase, a "part society" between two global societies. Nativistic movements in Mexico put this theory into practice for a while, and it clearly exerted an influence on rural sociology at its origins. Many criticisms have been aimed at it, in particular for underestimating the domination of the peasantry by urban groups. However these criticisms do not take into account the context where Redfield lived. He saw the disintegration of the peasantry as the advent of civilizations bearing emancipation and equality.
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Deverre, C. (2018). Robert redfield et l’invention des « sociétés paysannes ». Études Rurales, 183, 41–50. https://doi.org/10.4000/etudesrurales.8908
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