Résumé Dans la vie courante, le terme émotion désigne en premier lieu des phénomènes expérientiels qui sortent de l’ordinaire. En raison des mouvements de l’âme qui les caractérisent, Descartes a désigné ces phénomènes par le terme émotion, un mot qui à son époque signifiait émeute ou agitation. Aristote reconnaissait le même phénomène dans son emploi du mot kinèsis . En effet, les ressentis émotionnels sont des perceptions de l’engagement dynamique du corps dans l’interaction. Pourtant, la qualité cinesthésique des émotions a été délaissée par la plupart des théories psychologiques. Cet article présente les arguments plaidant en faveur d’un modèle perceptif de l’émotion qui défend l’idée que les émotions sont des attitudes corporelles exprimant la relation du sujet à l’objet émotionnel. Ces arguments sont basés sur les récentes avancées des sciences cognitives notamment en matière de cognition incarnée. Ce modèle perceptif décrit une séquence fonctionnelle du processus de l’émotion qui s’inscrit dans la perspective des théories multi-componentielles actuelles des émotions.
Mendeley helps you to discover research relevant for your work.
CITATION STYLE
Tcherkassof, A., & Frijda, N. H. (2014). Les émotions : une conception relationnelle. L’Année Psychologique, Vol. 114(3), 501–535. https://doi.org/10.3917/anpsy.143.0501