Derrida insiste souvent sur le fait que l’éthique (« si elle existe », comme il l’ajoute souvent) doit être l’épreuve, l’expérience et la traversée d’une aporie, d’un certain impossible. Une formule d’autant plus troublante qu’elle s’énonce chez Derrida à la faveur, précisément, d’un retour aux conditions de possibilités de l’éthique. Mais remonter aux possibilités de l’éthique signifie immédiatement : faire retour à ses limites, à ses apories, qui sont à la fois constitutives et incapacitantes, possibilisantes et impossibilisantes. Nous nous proposons d’explorer cette structure aporétique de l’éthique, de repérer ce qui la noue à l’im-possible, en suivant l’appropriation par Derrida de l’expression heideggérienne « possibilité de l’impossible », et en reconstituant les apories de la loi, de la décision morale, de la responsabilité, et de l’éthique de l’hospitalité comme accueil de l’événement de l’arrivant.
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Raffoul, F. (2007). Derrida et l’éthique de l’im-possible. Revue de Métaphysique et de Morale, n° 53(1), 73–88. https://doi.org/10.3917/rmm.071.0073
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