Abstract
Dans les pays du Sud, l’agriculture est très présente en milieu urbain, où elle assure une fonction économique, nutritionnelle et de sécurité alimentaire. Or, ces pays connaissent une urbanisation croissante, entraînant à la fois une réduction des terres cultivables et une augmentation de la demande en produits frais. Pour lutter contre les attaques des ravageurs sur les cultures en vue d’optimiser les rendements, les agriculteurs urbains ont recours aux pesticides de synthèse. Ces derniers entraînent des phénomènes de résistance, d’où la nécessité d’augmenter les doses au fil des années. Au Burkina Faso, dans la communauté de communes du Grand Ouaga, le maraîchage conventionnel se réinvente avec la promotion de pratiques agroécologiques basées sur l’utilisation de biopesticides. Cet article examine la diffusion des biopesticides comme alternative aux pesticides de synthèse et les limites à leur adoption. La méthodologie combine des enquêtes par questionnaire auprès de 125 maraîchers utilisant des pesticides de synthèse et/ou des biopesticides, avec des entretiens auprès de dix responsables d’associations de producteurs et cinq responsables d’ONG ou d’associations. Les résultats montrent que, pour des questions économiques, les producteurs reconditionnent ou mélangent les pesticides. La majorité pratique l’agriculture conventionnelle et manque de formation. La minorité qui se convertit aux biopesticides est accompagnée par des acteurs de divers profils sur des périodes plus ou moins longues. Enfin, le recours aux biopesticides se fait sur un espace agricole renouvelé car il s’inscrit dans de nouveaux espaces urbains dont le profil ne répond pas aux critères classiques du maraîchage conventionnel.In southern countries, agriculture is strongly present in urban areas, where it plays an economic, nutritional and food security role. However, these countries are experiencing increasing urbanization, leading to a reduction in arable land and a rise in demand for fresh produce. To fight against pest attacks on crops and optimize yields, urban farmers use synthetic pesticides. These lead to resistance phenomena, making it necessary to increase doses over the years. In Burkina Faso, in the community of districts of Grand Ouaga, conventional market gardening is being reinvented with the promotion of agroecological practices based on the use of biopesticides. This article examines the ways in which biopesticides are spreading as alternatives to synthetic pesticides, and the limits to their adoption. The methodology combines questionnaire surveys of 125 market gardeners using synthetic pesticides and/or biopesticides, and interviews with ten leaders of producers’ associations and five leaders of NGOs or associations. The results show that, for economic reasons, producers repackage or mix pesticides. Most of them practice conventional agriculture and lack training. The minority who convert to biopesticides are accompanied by actors from different backgrounds over varying periods of time. Finally, the use of biopesticides is taking place in a renewed agricultural space, as it is part of new urban areas whose profile does not meet the classic criteria of conventional market gardening.
Cite
CITATION STYLE
Ouedraogo, O., Nikiema, A., & Margetic, C. (2025). Usage des biopesticides en substitution aux pesticides de synthèse au Burkina Faso : une adoption limitée. Cahiers Agricultures, 34, 1. https://doi.org/10.1051/cagri/2024034
Register to see more suggestions
Mendeley helps you to discover research relevant for your work.