Abstract
Cet article s’intéresse d’une part, aux configurations d’entrée dans l’espace du soin des étrangers atteints de cancer dans trois villes bretonnes (Rennes, Brest et Quimper) et d’autre part, aux « trajectoiresdu mourir » en cas d’échec thérapeutique. Il insiste sur les obstacles administratifs rencontrés par ces patients selon les profils migratoires, du demandeur d’asile – en attente conjointe d’une régularisation pour soins – aux sans-papiers, en passant par les étrangers arrivés en France avec un visa touristique et dont le cancer a été diagnostiqué ou non au pays d’origine. La prise en charge oncologique ou palliative d’étrangers précaires confronte les professionnels à des « cas limites » qui interrogent des pratiques et des normes, qui plus est dans une région à faible immigration. Les logiques d’acteurs qui en résultent sont à replacer dans le contexte structurel pesant, en amont comme en aval, sur les parcours de soin et où se rencontrent politiques d’immigration et contraintes organisationnelles et financières des établissements de santé. Car si papiers et couverture médicale influencent les trajectoires de maladie, ils sont tout aussi importants dans les trajectoires du mourir.
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Pian, A. (2012). De l’accès aux soins aux « trajectoires du mourir ». Les étrangers atteints de cancer face aux contraintes administratives. Revue Européenne Des Migrations Internationales, 28(2), 101–127. https://doi.org/10.4000/remi.5915
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