Abstract
RÉSUMÉ La naissance du protestantisme est apparue aux chrétiens fidèles à Rome comme une nouveauté et donc une erreur. C’est pourquoi les Réformateurs ont voulu montrer qu’ils avaient des prédécesseurs. Luther s’est intéressé à Hus. Flacius Illyricus, puis Crespin et Goulard ont dressé des listes de « témoins de la vérité » persécutés par Rome. On a ensuite imaginé une continuité de la vraie tradition chrétienne, en donnant une place importante aux Cathares et aux Vaudois. C’est ce qu’on trouve dans les histoires protestantes françaises de l’Église au XVII e siècle. Ce type d’histoire est en déclin au XVIII e , sauf chez Basnage, à cause des progrès de la connaissance historique. Mais il réapparaît au siècle suivant, dans un contexte nationaliste : faire des Vaudois des protestants permet de donner une origine française à la Réforme. Cette histoire prend aussi une couleur régionaliste, quand on commence à lier l’ « esprit méridional » à la défense de la liberté, notamment religieuse. C’est pourquoi elle a pu se maintenir jusqu’à nos jours.
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Krumenacker, Y. (2006). La généalogie imaginaire de la Réforme protestante. Revue Historique, n° 638(2), 259–289. https://doi.org/10.3917/rhis.062.0259
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