La légitimité de l'union européenne, une affaire de bons sentiments ? réflexions sur l'appartenance à la communauté politique

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Abstract

Bien qu'elle soit d'une actualité évidente, la question d'une remise en cause - latente ou explicite - de l'intégration européenne n'a guère été investie par la politique comparée jusqu'à présent. Ce décalage peut ȩtre mis sur le compte d'une dichotomie artificielle-ment entretenue entre, d'une part, une science politique qui demeure centrée autour de la dimension nationale et, d'autre part, des « études européennes », appréhendées comme une sous-spé-cialité autonome. Pourtant, loin d'ȩtre un domaine distinct du politique, l'inté-gration européenne met au défi les politiques et les sociétés natio-nales ainsi que les concepts de nationalité et de souveraineté. Le processus se doit donc d'ȩtre étudié sous un angle comparatif : il s'agit de mettre en évidence des dynamiques d'appropriations variées et de comprendre les différents usages nationaux de l'Europe. Une réflexion comparative est bien menée depuis quel-ques années sur les modalités selon lesquelles des acteurs ou des agents nationaux se saisissent de références ou d'outils fournis par l'Union européenne pour influer sur les rapports de force domestiques. Rares sont toutefois les travaux qui comparent symé- triquement les rejets ou les entreprises de délégitimation de ces mȩmes références et outils. L'ambition du dossier est de remédier un tant soit peu à cette lacune en amorçant une reconstruction théorique de l'objet et en esquissant quelques pistes de recherche empirique. Dans cette logique exploratoire, trois plans principaux sont abordés : les représentations sociales de la légitimité tout d'abord, les organisations partisanes et associatives ensuite, et l'action publique enfin. Les représentations sociales de la légitimité de l'intégration européenne sont longtemps restées un impensé. À l'origine, les permis au gouvernement de structurer les changements et leurs effets à sa guise. Ces trois études relatives à l'action publique illustrent la multitude des mécanismes de transfert et de rejet : elles envisagent tour à tour les nor-mes juridiques (Hersant), institutionnelles (Grossman) et - initialement - idéelles (Muller et Ravinet) que les acteurs mobilisent afin d'éviter la « greffe » communautaire. Sur les trois plans considérés - représentations sociales de la légitimité, organisations partisanes et associatives, action publique - des pistes sont ouvertes qui invitent à des études empiriques et à des comparaisons systé-matiques. Une normalisation progressive de l'objet peut ainsi ȩtre obtenue : les remises en cause de l'intégration européenne ne doivent pas ětre consi-dérées a priori comme un dysfonctionnement passager mais bien plutǒt comme un phénomène structurant qui appelle une analyse approfondie, éclairée par les outils de la politique comparée.

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Delmotte, F. (2008). La légitimité de l’union européenne, une affaire de bons sentiments ? réflexions sur l’appartenance à la communauté politique. Revue Internationale de Politique Comparee, 15(4), 541–554. https://doi.org/10.3917/ripc.154.0541

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