Abstract
Ce bref essai de sciences sociales décrit une forme, un modèle de l'entreprise de médias con- temporaine. L'exercice isole, accentue des traits caractéristiques et ne projette, en aucune manière, de saisir les variétés et les singularités des firmes1. Une firme de médias correspond à un système d'agencement de flux de ressources (techno- logie, capital, personnel, etc.) producteur de biens et de services - entre autres du journalisme - aux prises avec des situations de monopole et de concurrence en vue de satisfaire des buts privés, par exemple le profit, et collectifs - l'éducation. Une perspective pragmatique observe les rapports des médias entretenus avec des acteurs-clés (sources, publics, etc.) par l'intermédiaire desquels les médias existent en tant que firmes. Des rapports multiples, coordonnés ou découplés, structurent les entreprises. Des droits de propriété encadrent les statuts et les stratégies des firmes, des con- figurations de marchés disciplinent les liens avec les fournisseurs de papier, de fréquences hert- ziennes, les annonceurs ou les publics ; des relations sociales façonnent les conduites individuelles et collectives de techniciens, d'animateurs ou de journalistes, des institutions - au sens de « manières de sentir, de penser et d'agir » -règlent les interdépendances avec les milieux des sour- ces, des pouvoirs politiques ou judiciaires.
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Blanchot, F., & Padioleau, J.-G. (2003). Une économie politique du travail journalistique. Hermès, n° 35(1), 63. https://doi.org/10.4267/2042/9318
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