Abstract
Les macrophages sont présents dans tous les tissus. Ils peuvent fusionner entre eux pour devenir des ostéoclastes multinucléés ou des cel-lules géantes qui jouent un rôle clé dans l'ostéoporose et les maladies inflammatoires chroniques. Pourtant, le mécanisme par lequel ils fusionnent reste encore impré-cis. Le récepteur de fusion macrophagique (MFR) et son ligand CD47 confèrent aux macrophages la reconnaissance du « soi » et assurent leur fusion. Bien que le processus soit encore incertain et controversé, il semble bien que les macrophages puissent aussi fusionner avec des cellules somatiques ou tumorales, provoquant res-pectivement réparation tissulaire ou cancer métastati-que. De ce fait, les macrophages représenteraient une arme à double tranchant. Dérivés des monocytes, les macrophages sont des cel-lules à plusieurs casquettes qui contrôlent notamment l'homéostasie tissulaire et l'immunité. Quoique depuis longtemps étudiés, ils restent encore mystérieux [1-3]. Leur programme de différenciation comporte la capacité de fusionner entre eux pour former soit des ostéoclastes multinucléés dans les os, soit des cellules géantes contre les corps étrangers (Figure 1). En dépit du rôle clé des > La fusion est un mécanisme fondamental utilisé par les organismes multicellulaires. Elle joue un rôle essentiel au cours du développement physiologi-que. Ainsi, la fusion est-elle le premier événement à l'origine même de la vie lors du contact fusion-nel entre spermatozoïde et ovocyte. La fusion des myoblastes en myotubes participe, par la suite, à l'organisation musculaire définitive. La fusion est également rencontrée au cours de processus pathologiques. Les virus en ont fait leur quoti-dien pour attaquer leurs cellules cibles. La fusion macrophagique est un événement incontournable pour l'obtention de cellules ostéoclastiques et de cellules multinucléées, partenaires essentiels dans des affections comme l'ostéoporose ou les maladies inflammatoires chroniques. Pourtant, les mécanismes moléculaires impliqués dans ces différents événements sont assez mal connus. Un regain d'intérêt est néanmoins récemment apparu lorsque des cellules dérivées de la moelle osseuse ont été retrouvées différenciées en types cellulai-res variés dans des tissus lésés. En effet, la fusion entre une cellule d'origine myélomonocytaire, potentiellement macrophagique, et une cellule résidente de l'organe lésé semble être à l'origine de cette plasticité inattendue. Dans cet article, Agnès Vignery revisite la fusion macrophagique et les différentes protéines qui semblent la contrôler avant de s'interroger sur la participation et la per-tinence d'un mécanisme équivalent au cours de la cancérogenèse ou de la régénération tissulaire… < A. Vignery :
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Vignery, A., & Gilgenkrantz, S. (2005). La fusion des macrophages : partenaires des cellules Somatiques et cancéreuses ? Médecine/Sciences, 21(12), 1070–1075. https://doi.org/10.1051/medsci/200521121070
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