Abstract
Ce texte retrace la genèse et le développement du mouvement berbère marocain pour envisager les différentes phases d’appréhension de l’ethnicité, les différents visages qu’elle a endossé et son insertion dans des réseaux globaux. Il interroge le passage d’un discours sur le patrimoine à celui de la défense d’une identité berbère par-delà les frontières des États-nations. Pour cela, il évoque les conditions d’émergence du mouvement berbère par des intellectuels à Rabat, ses réseaux influences, sa constitution au niveau national, pour entrevoir le tournant vers une dimension internationale à travers la conception d’une diaspora berbère. Restituer l’insertion de ce mouvement dans le champ institutionnel et politique nous permet de saisir la légitimité qu’il préconise : une reconnaissance culturelle (place dans les médias, dans la recherche, etc.), linguistique (statut de leur langue, standardisation, enseignement) et politique (fédéralisme, démocratie, laïcité). Par là, cet article ré-interroge le rapport à la pratique du terrain unique au profit d’une ethnographie « multi-sites » [Marcus, 1998] qui englobe davantage une analyse discursive et restitue la conjoncture politique et historique. La « culture locale » ne se définit qu’à travers des références qui la dépassent.
Cite
CITATION STYLE
Pouessel, S. (2006). Du village au « village-global » : émergence et construction d’une revendication autochtone berbère au Maroc. Autrepart, n° 38(2), 119–134. https://doi.org/10.3917/autr.038.0119
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