Pourquoi donc la collaboration interprofessionnelle

  • Schmitz C
  • Atzeni G
  • Berchtold P
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Abstract

Voici des années que l'exigence d'une CIP se fait en-tendre, tant au niveau national qu'international. Sa né-cessité est aujourd'hui pratiquement incontestée et les équipes interprofessionnelles qui fonctionnent bien sont considérées comme des éléments importants d'un système de santé tourné vers l'avenir [2]. La mise en oeuvre pratique de la CIP accuse pourtant un retard certain. Son implémentation efficace s'avère être une tâche exigeante. C'est exactement ce point qui nous in-téresse: malgré l'approbation générale et les nombreux efforts déployés pour promouvoir la CIP, tant dans la pratique que dans la formation, les exemples de mise en oeuvre réussie restent limités [3]. Pourquoi cet écart? La professionnalité comme «cas normal» Le traitement et la prise en charge des patients sont ba-sés sur une répartition du travail-un constat sans surprise , mais fondamentalement significatif. Ce faisant, la répartition du travail s'oriente principalement selon Personne aujourd'hui ne conteste la nécessité d'une collaboration interprofession-nelle (CIP) accrue. Mais alors, pourquoi donc sa mise en oeuvre est-elle si labo-rieuse? Trois auteurs issus de college M à Berne et de l'Université Ludwig-et-Maxi-milien de Munich ont examiné, à la demande de l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM), quels sont les facteurs qui favorisent et ceux qui freinent la CIP. Cette étude [1] vient d'être publiée; elle est disponible gratuitement en ligne ou en version imprimée. les disciplines et les professions médicales. Elle est es-sentiellement configurée de manière professionnelle c'est-à-dire liée à la profession et coordonnée selon une standardisation des compétences («standardisation of skills», [4, 5]). La formation rigoureuse des différents spécialistes permet de combiner relativement facile-ment les compétences dans la pratique clinique. La chirurgienne peut être sûre que l'anesthésiste a fait ce qu'il devait faire et que les infirmiers du service sau-ront ce qu'il faut faire avec le patient après l'opération. L'ensemble du système des fournisseurs de prestations repose sur la complémentarité des compétences des différents spécialistes. Inutile de discuter pour savoir qui, dans le service, manie le scalpel et qui prend la température. On sait clairement-sur la base de la formation -qui est responsable de quoi, qui procède au diagnostic, qui prescrit le traitement et qui l'applique. Cette transparence garantit une bonne fonctionnalité et représente le «cas normal» de ce système. Toutefois, en cas de chevauchements, il y a d'autant plus de motifs de discorde. La mécanique est assez bien huilée pour que chaque ac-teur professionnel puisse supposer que tous les profils concernés savent ce qui doit être fait et qu'aucun effort particulier de coordination n'est nécessaire. Cette pos-sibilité soulage énormément et renvoie à une réelle fonctionnalité. Ce système ne fonctionne cependant que dans les cas où les problèmes peuvent être classi-fiés par profession, c'est-à-dire selon les connaissances et les capacités de la discipline en question [5]. Lorsque la situation se complique, ce «cas normal» est mis sous pression comme, par exemple, lorsque les patients ont besoin de savoir-faire transversal en plus des catégo-L'essentiel en bref • La collaboration interprofessionnelle signifie l'instauration de pratiques concrètes pour trouver des solutions à des problèmes spécifiques au traitement des patients grâce à une compréhension commune. • L'identification de ces problèmes spécifiques et l'étude d'exemples de solutions réussies montrent pourquoi et sous quelle forme la CIP est nécessaire. • Pour un établissement durable de la CIP au-delà du «cas normal» de la professionnalité, il est nécessaire de disposer de formes adaptées au contexte et de la conviction profonde des participants quant au bénéfice pour leur propre activité et aux résultats pour les pa-tientes et les patients. • L'étude publiée par l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) présente les dimensions et les mesures d'encouragement déterminantes pour le succès de la mise en oeuvre de la CIP dans la pratique.

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Schmitz, C., Atzeni, G., & Berchtold, P. (2020). Pourquoi donc la collaboration interprofessionnelle. Bulletin Des Médecins Suisses. https://doi.org/10.4414/bms.2020.18647

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