Abstract
Résumé L’électroencéphalogramme (EEG), invention du psychiatre allemand Hans Berger en 1924, gagne les laboratoires de neurophysiologie et différents contextes cliniques au milieu des années 1930. Si en Suisse, quelques physiologistes sceptiques et psychiatres enthousiastes ouvrent la voie, c’est dans l’après-guerre qu’une épileptologie naissante participe à un mouvement général de domestication d’une innovation technologique et épistémologique qui suscite d’innombrables espoirs et travaux à l’intersection de la physiologie, de la neurologie et de la psychiatrie. Un réseau informel se met en place, caractérisé par des cultures cliniques, scientifiques et institutionnelles locales. L’EEG participe également à la lisibilité d’entités cliniques qu’il ne capte pas sans les transformer, à l’image de l’épilepsie. Quelques tentatives de sonder des maladies et des sujets psychiatriques à l’aide de l’EEG sont explorées en tant que rapports négociés entre des observations cliniques, des manifestations subjectives et des inscriptions d’une activité électrique cérébrale spontanée ou provoquée. Ces tentatives dessinent les contours d’un sujet cérébral clinique et expérimental qui est analysé ici sous l’angle de sa technicité et des procédures concrètes dont il dépend.
Cite
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Pidoux, V. (2011). Expérimentation et clinique électroencéphalographiques entre physiologie, neurologie et psychiatrie (Suisse, 1935-1965). Revue d’histoire Des Sciences, Tome 63(2), 439–472. https://doi.org/10.3917/rhs.632.0439
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