Abstract
Les deux plus grandes vagues de grèves de la faim ayant eu lieu, en France, hors milieu carcéral furent menées par des sans-papiers, ce qui fait de la grève de la faim le répertoire essentiel de ce groupe social. Considérer ce répertoire à partir des catégories de la violence politique revient à souligner l'intérêt que représentent les phénomènes de "violence contre soi" rapportés à la problématique du marquage des corps, à celle des "technologies politiques du corps", envisagées non plus du point de vue d'une entité politique dominante mais plutôt sous l'angle du sujet politique. Cela permet de ne pas se limiter à l'étude dimension instrumentales du "procédé" : le répertoire suppose un univers de rareté des moyens, mais aussi un univers de sens partagé. Sous la dénomination "grève de la faim" se cachent ainsi de multiples façons de se "faire violence" au nom de violence déjà subies. Un éclairage du recours à la grève de la faim être fourni ici à partir des parcours des populations concernées, comme si le recours à la grève ne faisait sens qu'en s'insérant dans une anthropologie politique des corps touchant à la fois à la question du monopole de la violence légitime et aux dimensions symboliques de la violence physique incorporée.
Cite
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Siméant, J. (1993). La violence d’un répertoire : les sans-papiers en grève de la faim. Cultures & Conflits, (09–10). https://doi.org/10.4000/conflits.218
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