Abstract
Résumé Avant de devenir l’ensemble des dispositions légales qui définissent le statut juridique de l’électeur, ou bien la philosophie politique qui le justifie, le « suffrage universel » a d’abord été une concession destinée à manifester un changement de régime, consenti par un gouvernement investi hors de toute procédure régulière et menacé par les débordements de la rue. C’est de ces circonstances qu’il faut partir si l’on souhaite comprendre ce qu’il est devenu, un ensemble de dispositions juridiques enjeu de luttes entre légistes, une philosophie enjeu de luttes entre doctes et lettrés, une institution qui reste à l’occasion de sa répétition un enjeu de luttes politiques. L’article revient sur les circonstances singulières qui montrent toute l’importance de la mobilisation d’un personnel d’État (présenté ici à travers la figure de Tocqueville) pour la réussite de la mise en œuvre à grande échelle d’un procédé dont ses membres n’ont pas plus de raisons d’attendre le meilleur que de craindre le pire. L’heureuse issue des élections du 23 avril 1848 pour le personnel politique déjà en place sous la Monarchie de Juillet constitue ainsi une divine surprise qui lui fait découvrir (notamment à travers le vote de ratification des listes proposées par les comités électoraux, par les paysans) que l’institution peut être la meilleure arme contre leur élimination.
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Lacroix, B. (2001). Retour sur 1848. Actes de La Recherche En Sciences Sociales, n° 140(5), 41–50. https://doi.org/10.3917/arss.140.0041
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