Abstract
Résumé À partir d’une approche interdisciplinaire, l’article cherche à élucider ce qu’on peut appeler la nature de la monnaie. Pour cela, on distingue d’abord les propriétés génériques de toute monnaie et ses usages non spécifiquement monétaires. On présente ensuite les trois formes fonctionnelles par l’enchaînement récurrent desquels sa structure se reproduit, à savoir le compte, le monnayage et le paiement. On distingue enfin les trois états dans lesquels elle se donne à voir en tant que fait social total – les états incorporé, objectivé et institutionnalisé – en montrant qu’on peut leur associer respectivement une source spécifique de confiance – éthique, méthodique et hiérarchique. Enfin, en combinant les deux points de vue précédents, on dégage deux de ses traits généralement occultés dans les théories économiques : le fait qu’une monnaie n’a de valeur que dans le contexte sociétal où elle fonctionne comme « capital culturel » ; le fait que sa nature d’opérateur d’appartenance sociale occulte, en dehors de moments de crise, la dimension distributive – sociale et territoriale – de tout régime monétaire.
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Théret, B. (2008). Les trois états de la monnaie. Revue Économique, Vol. 59(4), 813–841. https://doi.org/10.3917/reco.594.0813
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