Abstract
Au début des années 1980, la recherche sur le cancer a été dominée par les avancées scientifiques démontrant l’origine génétique des processus tumoraux. Des milliers d’altérations génétiques ont ainsi été répertoriées, impliquant plus d’une centaine de gènes. Aujourd’hui, ce modèle a évolué : les cancers peuvent avoir une origine aussi bien génétique qu’épigénétique. En altérant l’expression de gènes impliqués dans la régulation cellulaire, les modifications épigénétiques, comme l’acétylation des histones, jouent un rôle fondamental dans l’initiation et la progression des tumeurs. En effet, il a été démontré que la rupture de l’équilibre entre les niveaux d’acétylation et de désacétylation de la chromatine joue un rôle crucial dans l’acquisition d’un phénotype tumoral. Ainsi, moduler le taux d’acétylation des histones via des inhibiteurs des histone désacétylases (HDAC) pourrait permettre une re-programmation génétique, en faveur, entre autres, d’un programme anti-prolifératif et pro-apoptotique de la cellule tumorale. De nombreux inhibiteurs d’HDAC sont ainsi évalués comme agents anti-tumoraux et les résultats positifs dans les essais cliniques sont porteurs d’espoir. Le premier médicament inhibiteur de l’activité des HDAC est désormais disponible en clinique, ouvrant la porte à de nouvelles modalités thérapeutiques anti-cancéreuses.
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Mottet, D., & Castronovo, V. (2008). Les histones désacétylases. Médecine/Sciences, 24(8–9), 742–746. https://doi.org/10.1051/medsci/20082489742
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