Abstract
L’originalité de la rentabilisation du temps permise par l’usage des téléphones portables réside dans le fait qu’elle est obtenue non seulement de façon classique, par la densification du temps grâce à une meilleure organisation des taches dans leur déroulement et leur succession, mais aussi de façon inédite, par le dédoublement du temps grâce à la superposition simultanée d’un temps médiatique à un temps physique. Ce phénomène, déjà repéré il y a dix ans, n’a cessé depuis de se développer en entraînant un raccourcissement des délais, une accélération du temps et une multiplication des situations d’urgence. Mais, face à la dispersion et à l’égarement que ce phénomène peut engendrer, à l’aléatoire trop souvent côtoyé et à l’éphémère renouvelé dans une sorte d’éternel présent, une réaction n’a, parallèlement, cessé de se développer. Elle renvoie à une logique d’action critique qui vise à ne pas se laisser déposséder de sa propre temporalité, de ses propres rythmes au profit d’une mise en synchronie généralisée, à réintroduire l’épaisseur du temps de la maturation, de la réflexion et de la méditation là où le heurt de l’immédiat et de l’urgence oblige trop souvent à réagir sous le mode de l’impulsion.
Cite
CITATION STYLE
JAURÉGUIBERRY, F. (2007). Les téléphones portables, outils du dédoublement et de la densification du temps : un diagnostic confirmé. Tic & Société, (Vol. 1, n°1). https://doi.org/10.4000/ticetsociete.281
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