Abstract
Qu'est-ce qu'une psychanalyse ? À bien y réfléchir, il ne s'agit nullement d'une expérience intellectuelle où par quelque procédure viendrait à être connu quelque scène ou propos oublié dont la remémoration, tel un viatique, garantirait l'analysant d'être affranchi des embûches du symptôme. Cette conception naïve a pourtant la vie dure, elle est même le ressort de la plupart des demandes d'analyse. Bien au contraire, une psychanalyse est une mobilisation effective, in concreto, de la jouissance. Mais qu'est-ce que la jouissance ? Que nous ayons pris l'habitude de nous situer à partir des notions d'être ou d'existence ne leur enlève nullement leur caractère général et vide quand le terme de jouissance nous parle directement et renvoie à notre manière concrète de tirer profit de notre vie. « Nous ne savons pas, précise Lacan, ce que c'est que d'être vivant sinon seulement ceci, qu'un corps, cela se jouit 1 ». Mais, pourquoi utiliser le concept de jouissance quand nous disposons de celui de plaisir qui, de surcroît, est le plus utilisé, die Lust, par Freud ? Certes, nous savons quand nous éprouvons du plaisir, mais nous ne pouvons en préciser la cause, même si nous la situons du côté de l'objet, selon le schème des morales hédonistes ou du syllogisme pratique : si je me dirige vers un objet, c'est que cet objet répond à mon attente. Or, très tôt, dès le 5 octobre 1895, Freud souligne que l'expérience de satisfaction ne repose pas tant sur la disponibilité d'un objet que sur « l'attention d'une personne secourable (qui est ordinairement l'objet désiré, das
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Marie, P. (2004). La jouissance. Topique, 86(1), 21. https://doi.org/10.3917/top.086.0021
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