La résolution de la liaison en français par des locuteurs natifs et non-natifs

  • Shoemaker E
  • Birdsong D
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Abstract

Les processus de perception et de compréhension de la parole nécessitent la segmentation d’un signal acoustique continu où il y a souvent une absence de marques acoustiques explicites de frontière de mot ou de frontière de syllabe, à plus forte raison à l’intérieur des groupes rythmiques en français où se produisent les phénomènes de liaison et d’enchaînement. Considérons les cas où la resyllabation due à ces phénomènes crée une ambiguïté (par exemple, la séquence [œ?.n??] correspond également à un air ou à un nerf). Cependant, des recherches récentes (Spinelli et al., 2003 ;Wauquier-Gravelines, 1996) ont mis en évidence des différences de durée entre les consonnes de liaison et les consonnes initiales. La tâche d’amorçage de Spinelli et al. suggère que ces variations peuvent fournir un indice acoustique dont les auditeurs se serviraient pour identifier desmots dans le flux sonore. Par exemple, le /n/ de un nerf serait plus long que celui de un air, ce qui produirait un effet d’amorçage qui favoriserait la reconnaissance de ‘nerf’ par rapport à ‘air’. En employant une tâche d’identification à choix obligatoire, notre étude vise à tester directement les capacités perceptives de locuteurs natifs du français et d’apprenants tardifs de français L2 dans les cas où la localisation des frontières est ambiguë. Les résultats suggèrent que, bien que ces variations de durée soient systématiquement présentes dans le signal acoustique, elles ne sont pas assez nettes pour permettre aux auditeurs de distinguer entre deux options. Même si les deux groupes de participants n’ont pas témoigné d’une sensibilité aux variations acoustiques, leurs réponses se sont avérées fortement similaires, ce qui suggère que les apprenants ont employé des stratégies perceptives comparables à celles des locuteurs natifs.On a donc pris en compte des facteurs relevant des processus du traitement descendant (top-down) tels que la fréquence lexicale et la plausibilité des phrases, mais aucun de ces facteurs ne s’est avéré jouer un rôle systématique dans les réponses.

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Shoemaker, E., & Birdsong, D. (2008). La résolution de la liaison en français par des locuteurs natifs et non-natifs. Acquisition et Interaction En Langue Étrangère, (27), 43–62. https://doi.org/10.4000/aile.4023

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