ON EPISTEMIC RESPONSIBILITY WHILE REMEMBERING THE PAST: THE CASE OF INDIVIDUAL AND HISTORICAL MEMORIES

  • Trakas M
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Abstract

The notion of epistemic responsibility applied to memory has been in general examined in the framework of the responsibilities that a collective holds for past injustices, but it has never been the object of an analysis of its own. In this article, I endeavour to isolate and explore it in detail. To this end, I start by conceptualizing the epistemic responsibility applied to individual memories. I conclude that an epistemically responsible individual rememberer is a vigilant agent who knows when to engage in different kinds of mental and nonmental actions in order to monitor and update his or her memories, and who develops and nurtures different kinds of virtuous attitudes that guide those actions. These (epistemic) virtuous attitudes are oriented not only towards oneself but also towards others. Although this conception of epistemic responsibility does not pose a problem for understanding shared memories of family members and friends, it may seem suspicious when applied to large-scale collective memories. These memories, which I name historical memories, are memories of events that have a traumatic impact for the community, are permeated by unequal relations of power, maintain a complex relationship with historical science, and present other characteristics that distinguish them from individual memories. But despite these differences, the analysis undertaken in this work shows that the general principles that govern the epistemic responsibility of individual and (large-scale) collective rememberers are similar, and are based on similar grounds: pragmatic considerations about the consequences of misremembering or forgetting and a feeling of care. The similarities on the individual and collective scale of the epistemically vigilant attitude that is and should be taken toward our significant past may partially justify the use of the same epithet—“memory”—to refer to these different kinds of representations. La notion de responsabilité épistémique appliquée à la mémoire est généralement étudiée dans le cadre des responsabilités qui incombent à une collectivité pour des injustices passées, mais elle n’a jamais fait l’objet d’une analyse indépendante. Dans cet article, je propose d’isoler et d’explorer cette notion en détail. Pour ce faire, je conceptualise d’abord la responsabilité épistémique appliquée aux souvenirs individuels. Je conclus qu’un individu qui se remémore le passé peut être considéré comme responsable du point de vue épistémique dans la mesure où il est un agent de vigilance sachant quand s’engager dans différents types d’actions mentales et non mentales de sorte à surveiller et de mettre à jour ses souvenirs, et qui développe et entretient différents types d’attitudes vertueuses qui guident ces actions. Ces attitudes (épistémiques) vertueuses sont orientées non seulement envers soi-même mais aussi envers les autres. Bien que cette conception de la responsabilité épistémique ne pose pas problème lorsqu’elle est employée pour comprendre les souvenirs collectifs des membres d’une famille ou d’un groupe d’amis, elle peut sembler inadéquate en ce qui concerne les souvenirs des collectivités à grande échelle. Ces souvenirs, que j’appelle des souvenirs historiques , sont des souvenirs d’événements qui ont eu un impact traumatique dans la communauté, qui sont imprégnés de relations de pouvoir inégales, qui entretiennent une relation complexe avec la science historique, et qui présentent d’autres caractéristiques les distinguant des souvenirs individuels. En dépit de ces différences, l’analyse entreprise dans ce travail montre que les principes généraux qui président à la responsabilité épistémique des individus et des collectivités (à grande échelle) qui se remémorent leur passé sont similaires et sont fondés sur des motifs similaires : des considérations pragmatiques sur les conséquences des erreurs et des omissions de la mémoire ainsi qu’un sentiment de soin. Ces similitudes à l’échelle individuelle et collective de l’attitude épistémique vigilante qui est – et doit être – prise envers notre passé peuvent justifier, du moins en partie, l’utilisation de la même épithète – la « mémoire » – pour faire référence à ces différents types de représentations.

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Trakas, M. (2020). ON EPISTEMIC RESPONSIBILITY WHILE REMEMBERING THE PAST: THE CASE OF INDIVIDUAL AND HISTORICAL MEMORIES. Les Ateliers de l’éthique, 14(2), 240. https://doi.org/10.7202/1071139ar

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