Pour une biologie moléculaire darwinienne

  • Sonigo P
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Abstract

Anne-Marie Moulin médecine/sciences 1Dans le passé, la peur a été à maintes reprises tenue pour la maladie elle-même. Or, on découvre dans The Conversation 2 , un site créé par une association de journalistes à Melbourne en 2011, très fréquenté sur internet, que la peur affaiblit le système immunitaire, et le site abonde en conseils pour rétablir la paix de l'âme et l'équilibre intérieur par la méditation, le tai chi, etc. Voici donc la peur revenue sur le devant de la scène médicale contemporaine. La peur, annihilant la résistance naturelle, suggère l'éditorial de The Conversation 3 avec les mots de la science d'aujourd'hui, ferait le jeu de la contagion et serait en soi pathogène. L'actualité du COVID-19 ranime donc une problématique historique [1]. Vignette (Photo © Inserm-Gérard Lafont). 1 Johan von Schreeb, Center of Research on Health Care in Disasters, Karolinska Institute, Stockholm. The Debate "Taking the Risk? Sweden betting on herd immu-nity", France 24 English, 30 avril 2020. 2 https://theconversation.com/fr 3 https://theconversation.com/confinement-un-exercice-simple-de-respiration-pour-reguler-ses-emotions-133796 La peur, un phénomène du passé ? La peur populaire a été au centre de la somme due à l'historien Jean Delumeau, La peur en Occident, parue en 1978 [2]. L'ouvrage était animé par la conviction que la peur avait régressé avec le progrès des connaissances et le sentiment de la sécurité croissante. C'était vrai évidemment avant l'arrivée du Sida des années 1980 mais, dans une interview avec Le Point, peu avant sa mort survenue en 2013, le vieux professeur avait gardé la conviction lumineuse que les peurs avaient perdu leur empire malfaisant sur l'esprit des hommes, y compris celle de l'enfer [3]. Au début de l'épidémie de COVID-19, due au SARS-CoV-2, en janvier 2020, le gouvernement s'est beaucoup inquiété de la panique débutante et les médias ont prétendu calmer le jeu à coup d'informations, bien qu'il soit probable que les communiqués passés en boucle toute la journée ont entretenu un suspense bien propre à glacer d'effroi les auditeurs. La panique a toujours préoccupé les pouvoirs publics. Bien qu'il soit, paraît-il, démontré qu'aucune épidémie n'a fait bouger un tyran ou même tomber un ministère, les autorités se sont toujours montrées soucieuses d'éviter la panique 4. Au cours de l'Histoire, elles se sont même efforcées de transférer, par avance, les colères populaires et n'ont pas hésité à désigner des boucs émissaires, pour éviter que les foules ne se retournent 4 À noter que dans la journée du 17 mars, premier jour de confinement, une certaine panique a envahi près d'un quart de la population parisienne qui est partie discrè-tement se confiner en province, sans bruit particulier. Ces « vacanciers » y sont restés, loin de la ville et de la foule, durant la période de confinement. > Un proverbe allemand du XIV e siècle disait que la peste s'attaque à ceux qui ont le plus peur. Est-ce la peur du virus qui tue ou le virus ? Des observateurs étrangers1 s'étonnent que le confinement jusqu'ici ait été dans l'ensemble respecté en France sans révoltes véritables. Les héritiers de la Révolution française ont admis une restriction sans précédent de leurs libertés et se sont soumis à la décision du confinement. La peur du virus inconnu, invisible et sournois, qui a frappé la population, mais aussi la peur de l'autorité et des contrôles, celle de l'Autre et celle de l'étran-ger possibles porteurs, sont probablement pour beaucoup dans cette résignation. Mais cette peur n'est-elle pas en soi délétère, comme semble nous le montrer une rétrospective sur les épidé-mies passées ? < 200150__Moulin_PerspectiveHorizon.indd 647

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Sonigo, P. (2002). Pour une biologie moléculaire darwinienne. Médecine/Sciences, 18(10), 1038–1039. https://doi.org/10.1051/medsci/200218101038

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