Abstract
Les changements rapides que la ville de Beyrouth a connus entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle ont créé une rupture importante de son espace urbain, compliquant notre connaissance de la ville historique et, par conséquent, notre compréhension de la ville actuelle. Du Beyrouth d'avant 1878 , date du lancement du premier grand projet urbain, ne subsistent aujourd'hui que quelques lieux de culte dont l'implantation est étrangère au tracé urbain actuel et témoigne encore du tissu urbain médiéval. Il faut en effet beaucoup d'imagination au promeneur d ' aujourd 'hui pour se représenter le souk al-Sakküfin en longeant le mur sud de la mosquée al- 'Umari, ou la rue Hürat al-Yahüd en contournant l'angle nord-est du terrain de la cathédrale Saint-Élie des grecs-catholiques. À l'instar des dessins d'architectes cherchant à reconstituer la villa mythique du Laurentin de Pline le Jeune à partir d 'une lettre rédigée par le célèbre écrivain, cet article se propose d 'étudier les possibilités , même limitées, de spatialiser les données d 'une source écrite, en dressant une carte virtuelle de Beyrouth et de la répartition de ses habitants à partir d'un registre de waqfsunnite datant de l'an 1278 hijrï (1862).
Cite
CITATION STYLE
Rustom, J. (2019). L’espace urbain de Bayrut al-Qadima et ses habitants vers 1860 à travers un registre du waqf sunnite. Chronos, 25, 143–191. https://doi.org/10.31377/chr.v25i0.425
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