Abstract
134-1. RAPPELS BIOLOGIQUES L'anguille compte parmi les espèces les plus abondantes, représentant par exemple la moitié de la biomasse piscicole des cours d'eau bretons. De multiples indices de régression du stock (diminution de la production des pêcheries, résultats d'inventaires) apparaissent depuis quelques années, expliquant une prise en compte toute récente des besoins de circulation de cette espèce (première réalisation en 1984 dans le marais poitevin). Les aménagements doivent tenir compte des particularités biologiques et des faibles capacités de nage de l'anguille. Ils diffèrent des passes à poissons classiques, ou bien ces dernières doivent être adaptées aux besoins des différents stades de l'espèce. 1. 1. Colonisation des milieux aquatiques continentaux Contrairement aux espèces potamotoques chez lesquelles la remontée des cours d'eau correspond à une migration de reproduction (animaux adultes), la progression de l'anguille vers l'amont des cours d'eau est une migration de colonisation, qui concerne les juvéniles de l'espèce (civelles, puis anguillettes). Comme conséquence, les effectifs de migrateurs ne se chiffreront pas en milliers ou dizaines de milliers comme chez les salmonidés, mais c'est généralement en millions que l'on dénombrera les migrateurs à l'aval d'un bassin. 1. 2. Grande variété des stades migratoires La colonisation débute par la pénétration en estuaire des civelles qui ont à ce stade une taille voisine de 70 mm pour un poids moyen individuel de 0.3 g. On distingue deux phases migratoires successives :-migration portée : en début de saison, les civelles ne possèdent pas de comportement de nage active orientée. Elles utilisent les courants de la marée dynamique en progressant vers l'amont avec le flot, et en s'enfouissant dans les sédiments pendant le jusant.-migration nagée : à partir du mois de mars environ, les civelles acquièrent des capacités de nage et de reptation qui leur permettent de continuer leur progression de façon active, et de franchir certains obstacles. Cette phase se poursuivra jusqu'à la fin de l'été. La colonisation du milieu eau douce par les anguilles continuera avec les stades plus âgés, encore appelés "anguillette" ou "anguille jaune". La taille des migrateurs peut alors varier de 10 à plus de 40 cm. L'activité migratoire des anguillettes est saisonnière. Chaque année, elle coïncide avec la période de températures élevées (avril-septembre, maximum d'activité mai à juillet) et permet aux migrateurs de coloniser progressivement la totalité du bassin. L'équipement des obstacles pour la libre circulation doit tenir compte des facteurs suivants :-grand nombre d'individus à faire passer dans une période de temps limitée,-taille moyenne des migrateurs croissante de l'aval vers l'amont du bassin.
Cite
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PORCHER, J. P. (1992). Les passes à anguilles. Bulletin Français de La Pêche et de La Pisciculture, (326–327), 134–142. https://doi.org/10.1051/kmae:1992010
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