Abstract
L’intérêt porté depuis une quinzaine d’années aux zones humides en général et aux tourbières en particulier, participe d’une évolution plus générale de la perception de ces écosystèmes par nos contemporains. Celle-ci va de pair avec une modification profonde des usages de ces milieux et des valeurs que nous leur accordons désormais. Bien que les tourbières de France ne couvrent qu’une superficie voisine de 100 000 ha, elles sont le théâtre de nombreuses interventions dans le cadre d’une gestion conservatoire dont les modalités connaissent une évolution significative depuis quelques années. Cette évolution est notamment liée au processus de patrimonialisation qui suscite de nombreux débats et sera l’objet de notre article. Notre discussion s’appuie d’une part sur la connaissance des tourbières du Massif central oriental, acquise, depuis 1995, et d’autre part sur les travaux en cours dans le Bas-Dauphiné. On voit ainsi comment l’application de la notion de patrimoine aux tourbières s’est d’abord fondée uniquement sur la présence d’espèces végétales jugées remarquables, avant que ne s’impose l’idée que l’intérêt patrimonial de ces milieux relève davantage de leur capacité à conserver la mémoire de l’histoire des milieux naturels, des paysages et des sociétés humaines qui les ont façonnés.
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Sacca, C., & Cubizolle, H. (2016). La patrimonialisation des zones humides. Géographie et Cultures, 66, 11–26. https://doi.org/10.4000/gc.3641
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