Abstract
Résumé Nous étudions l’errance des jeunes de 18 à 29 ans sur le territoire de Lille Métropole Communauté Urbaine, par la comparaison avec un groupe témoin de jeunes de milieu populaire qui s’épargnent l’expérience de la rue. L’hypothèse veut vérifier l’intelligibilité de cette expérience à partir de la déconstruction de la dialectique espace privé/espace public qui oscille entre deux positions limites : réduit à sa fonction instrumentale d’hébergement l’espace privé perd sa réalité amenant les jeunes à affronter l’espace public sans médiation ; la perte de maîtrise dans l’espace public entraîne la sociabilité à se dissocier du lieu où elle se développe. La naissance d’un enfant place les parents à la rue devant le dilemme du retrait de l’enfant ou du départ de la rue. L’expérience de la dérive place les jeunes sous la menace d’un retrait momentané de l’espace public, hôpital ou prison : vivre à la rue implique la reconstruction toujours inaboutie de la dialectique espace privé/espace public donnant lieu à une forme extrême d’urbanité toujours en chantier. Ballotté entre ces deux extrêmes, le sans-logis s’impose l’expérience qu’il voudrait initiatique, d’une urbanité transitoire et précaire.
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Wallez, P., & Aubrée, L. (2005). L’expérience de la rue chez les jeunes comme forme extrême d’urbanité. Espaces et Sociétés, n° 120-121(1), 241–257. https://doi.org/10.3917/esp.120.0241
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