Abstract
La critique cartésienne de la logique est souvent reconduite à celle du syllogisme et d’une dialectique dont l’Organon aristotélicien fournit l’exposé canonique. On veut montrer ici, en resituant le propos cartésien dans son cheminement initial (1618-1619), que cette critique vise aussi, sinon en premier lieu, une conception alternative d’inspiration lulliste qui tend à s’imposer dans la Schulmetaphysik allemande contemporaine, et par le biais de laquelle celle-ci, déjà, prétend pouvoir se constituer en système encyclopédique du savoir. Le point culminant de cette critique ne se trouve nullement dans le rappel de l’humaine finitude, et la dénonciation d’une vaine prétention à l’omniscience, car l’universalité de la méthode cartésienne lui permet tout aussi bien de viser la connaissance de toutes choses, même les plus « cachées » et les plus « éloignées ». Il se trouve en revanche dans une théorie des « natures simples » (Règles pour la direction de l’esprit, VI, XII), qu’on peut juger lacunaire et inachevée au vu de l’incapacité apparente de Descartes à en établir la nomenclature exacte. Mais le statut propre de la logique cartésienne est indissociablement lié à celui de ces « natures simples » et au refus motivé d’en établir une liste exhaustive.
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Mehl, É. (2005). Descartes critique de la logique pure. Les Études Philosophiques, n° 75(4), 485–500. https://doi.org/10.3917/leph.054.0485
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