Abstract
Par l’exemple de la construction nationale suisse, l’objectif est de montrer comment les nations modernes oscillent entre les pôles ethnique et civique, ou, pour reprendre Tönnies, entre "communauté et société". La Suisse, en raison de nombreuses forces centrifuges (diversité confessionnelle, linguistique, sociale, etc.), n’échappe pas à un processus de "nationalisation" ou de "communalisation" au sens wébérien. L’invention de mythes nationaux renvoie à une construction de type ethnique, concrétisée par l’idée d’exceptionnalité ou d’insularité. L’analyse politologique selon le modèle consociatif – dont les limites sont relevées – s’inscrit dans une même perspective. L’examen du droit de la nationalité conforte à son tour le constat de la prédominance de la conception ethnique, davantage que civique, de la nation suisse. En conclusion, les difficultés actuelles face à l’ouverture à l’extérieur et particulièrement à l’Union européenne, sont interprétées comme une accentuation de la dimension communautaire de la nation suisse et un retrait de la dimension civique. © 1997 The Swiss Political Science Review.
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Froidevaux, D. (1997). Construction de la nation et pluralisme suisses: Idéologie et pratiques. Swiss Political Science Review, 3(4), 1–30. https://doi.org/10.1002/j.1662-6370.1997.tb00224.x
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