Abstract
La mise en ordre à laquelle nous nous livrons ici ne concerne pas la définition du temps stricto sensu mais plutôt la manière dont les chercheurs en éducation ont fait usage de ce concept : plus circonscrite en apparence, la tâche n’en demeure pas moins « hérissée de difficultés », pour reprendre à notre tour l’anthropologue Evans-Pritchard. La question du lien entre temps et enseignement rebondit et se répète en empruntant toujours de nouvelles figures. Aujourd’hui par exemple, alors que certains dénoncent l’accroissement du contrôle du temps de travail des professeurs comme le signe de l’amenuisement de leur reconnaissance sociale (Waaub, 2006), le temps d’apprentissage des élèves semble progressivement soumis à une logique de rentabilisation. En 2007, Le Monde de l’éducation titrait l’un de ses dossiers en des termes fort explicites : « Travailler moins pour apprendre mieux : peut-on faire réussir les élèves avec moins de temps ? » (Le Monde de l’éducation, 2007). Malgré leur caractère conjoncturel, ces formulations de la question du lien entre temps et enseignement ont déjà surgi depuis plus d’un siècle dans les débats éducatifs, chevillées à des enjeux pédagogiques, scientifiques mais aussi politiques variés.
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Chopin, M.-P. (2010). Les usages du « temps » dans les recherches sur l’enseignement. Revue Française de Pédagogie, (170), 87–110. https://doi.org/10.4000/rfp.1614
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