Abstract
La Thaïlande est aujourd’hui le premier pays exportateur de caoutchouc naturel avec 33 % des volumes échangés annuellement (3,167 millions de tonnes produites et 2,75 millions de tonnes exportées en 2008). Au-delà de la performance quantitative, l’exemple de la Thaïlande se dis- tingue par l’origine de cette production, car 95 % des plantations appartiennent à des exploitations familiales (Siriaraya, 2009). Une grande part de la transformation est en outre assurée par des petites coopératives paysannes. Actuellement, près de 10 % de la population thaïlandaise vit de la production, du commerce et de la transformation du caoutchouc naturel. Ce document vise à analyser le développement exception-nel de l’hévéaculture familiale en Thaïlande. Cette performance résulte en partie des dynamiques de population et d’une transmission aux agriculteurs d’infor- mation et de savoirs techniques des plantations capitalistiques d’hévéas. Mais elle est surtout le résultat d’une poli- tique publique engagée depuis près de 50 ans. Le principal outil de cette politique est le Fonds d’aide pour la replanta- tion de l’hévéa, l’Office of Rubber Replanting Aid Fund (ORRAF), créé par l’État thaïlandais en 1960 pour promouvoir l’utilisation de clones sélectionnés qui touche aujourd’hui 80 % des surfaces hévéicoles. C’est en grande partie une taxe parafiscale sur les volumes de caoutchouc naturel exportés qui permet le financement de ces mesures. Le développement de l’hévéaculture familiale s’est concentré essentiellement dans les zones historiques d’émergen- ce de l’hévéaculture en Thaïlande, mais il s’est aussi concrétisé à la faveur d’interventions à but davantage poli- tique, dans des régions de minorités ethniques ou religieuses. Ainsi, l’État encourage l’extension des plantations d’hévéas dans les régions nord-est du pays, globalement moins peuplées et défavorisées, mais aussi moins adap- tées à cette culture d’un point de vue pédoclimatique.De fait, l’engagement de l’État en faveur de l’hévéaculture familiale répond à un objectif de lutte contre la pauvreté et nous tenterons d’apprécier la part de l’hévéaculture dans les revenus des agriculteurs familiaux. Dans cette logique, l’État est également prêt, comme il l‘a fait en 2009, à inter- venir sur les stocks pour réguler les prix lorsqu’ils s’inscrivent excessivement à la baisse. MOTS CLÉS : POLITIQUES PUBLIQUES - HÉVÉA – CAOUTCHOUC NATUREL -THAÏLANDE
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Delarue, J., & Chambon, B. (2012). La Thaïlande : premier exportateur de caoutchouc naturel grâce à ses agriculteurs familiaux. Économie Rurale, (330–331), 191–213. https://doi.org/10.4000/economierurale.3571
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