Abstract
Les travaux de Michel Foucault sur les relations de pouvoir modernes mettent en évidence deux modèles principaux. D’une part, une technologie de pouvoir « disciplinaire », qui consiste en une prise en charge exhaustive de l’individu, d’autre part, une technologie de pouvoir « biopolitique », qui correspond à la raison d’Etat moderne et libérale, et à la gestion souple des phénomènes de masses associés à la population. Cependant, une analyse plus détaillée de la biopolitique et de ses origines met en évidence les racines disciplinaires du paradigme gouvernemental libéral, et permet de situer dans un contexte différent les injonctions à la liberté qui semblent la caractériser. Dès lors, la modernité politique ne serait plus composée d’un équilibre entre des techniques de coercition et une idéologie du laisser-faire, mais comme un ensemble de techniques qui vont moduler de façon différente une même exigence de coercition des corps dociles.In his works on power relations in modern society, Michel Foucault develops two main models. On the one hand, “disciplinary” power which seeks to exhaustively control individual behavior. On the other hand, “biopolitical” power, which corresponds to the modern and liberal reason of state, and to the regulation of populations. However, a more detailed analysis of biopolitics and its origins illustrates the disciplinary roots of the liberal paradigm of government action, and considers from a different perspective its appeals to freedom. Henceforth, modern politics is not characterized by the balance between coercion and laissez-faire, but by a multitude of techniques that will all modulate in a different way the same objective of coercion of docile bodies.
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Macmillan, A. (2013). La biopolitique et le dressage des populations. Cultures & Conflits, 78, 39–53. https://doi.org/10.4000/conflits.17959
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