Abstract
Nous présentons l'effet du réchauffement du Centre Nucléaire de Production Electrique (CNPE) du Bugey (Rhône, France) sur les communautés rivulaires de poissons. Les données ont été obtenues par pêche électrique en continu des rives de 9 stations, 4 fois par an, de 1979 à 1994, soit 519 pêches et 46 356 poissons. Les poissons quittent progressivement les bordures dès que la température dépasse 15 degrés. Un seuil est atteint à 25 °C où les animaux les plus gros désertent la zone. La chute des effectifs est alors de plus en plus rapide et un deuxième seuil apparaît à 29 °C avec l'effondrement du nombre d'espèces. La composition des pêches dépend de la température uniquement pour les adultes, avec trois grands groupes, moins de 6°C, 7 à 24 °C, et plus de 25 °C. Ces trois groupes restent dans l'ordre biotypologique O-IV de Verneaux (1977) typique du haut Rhône. Des modifications importantes de structures liées au débit et à la saison sont observées, et contribuent à masquer l'effet thermique dans le groupe central. Ces trois facteurs expliquent 30% de la variabilité des données. L'attrait hivernal pour les veines réchauffées apparaît quantitativement nul, et ne concerne structurellement que la perche que ce contraste semble attirer. Les captures de juvéniles sont extrêmement variables et leur composition ne peut pas être reliée à la température. Le site du Bugey paraît bien supporter la charge thermique du CNPE, peut-être en partie du fait du mauvais mélange des masses d'eau à la sortie de la centrale.
Cite
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Ginot, V., Souchon, Y., & Roger, P. (1996). Impact de l’élévation artificielle de température induite par le fonctionnement du Centre Nucléaire de Production Electrique du Bugey (fleuve Rhône) sur les communautés de poissons. Hydroécologie Appliquée, 8, 1–33. https://doi.org/10.1051/hydro:1996001
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