Abstract
On ne peut qu’être frappé de l’oubli dans lequel est tombé François Perroux, oubli qui va jusqu’à ce que son nom même n’apparaisse pas dans certains dictionnaires consacrés aux grands économistes ! Et pourtant, en travaillant à fonder une économie de tout l’homme et de tous les hommes, en appelant à l’élaboration d’indicateurs des- tinés à guider l’action publique, il a annoncé, avec quatre décennies d’avance, l’exigence de développement durable entendue comme double solidarité intra- et inter-générationnelle. En forgeant des concepts destinés à faire de l’épanouissement de la personne le but ultime de la pensée et de la pratique économiques, il s’inscrit dans une tradition qui, d’Adam Smith à Alfred Marshall, en passant par John Stuart Mill ou même par le Léon Walras des écrits sur l’économie sociale, a entrecroisé ces deux sources de l’analyse éco- nomique que sont la «mécanique» (les mathématiques) et l’éthique. En lisant ou relisant L’Economie du XXe siècle ou Pouvoir et économie généralisée, on ne peut qu’être d’accord avec Amartya Sen écrivant, avec son inimitable sens de l’euphémisme, que «l’économie moderne s’est trouvée considérablement appauvrie par la distance qui a éloigné l’économie de l’éthique».
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Maréchal, J.-P. (2003). L’héritage négligé de François Perroux. L Economie Politique, 20(4), 47. https://doi.org/10.3917/leco.020.0047
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