Abstract
Notre psychisme accueille l’arrivée du vieillissement, par le changement intérieur qui s’effectue au mitan de la vie, par l’apparition de l’inévitabilité de notre mort, par la rencontre de notre libido avec la limite du fantasme d’éternité. Les traversées de deuils tout au long de la vie sont des crises structurales de croissance de la psyché. Le vieillissement psychique résulte d’un conflit interne entre d’une part, le déclin biologique et social et d’autre part, l’aspiration naturelle à la croissance et la croyance inconsciente en l’immortalité. La transition entre le travail et la retraite confronte le sujet à de profonds remaniements identitaires. Il doit exister sous le signe de la soustraction, du manque à venir, de la crise de l’image de soi. Pour les femmes, la ménopause questionne l’identité féminine, entre le maternel et le féminin. Les atteintes physiques du vieillissement touchent à l’intégrité psychique, dans un vécu de blessure et d’humiliation narcissiques lors de la perte de la beauté et de la jeunesse. Pour les hommes, le marqueur psychique du vieillissement se déclenche au départ à la retraite. C’est l’identité sociale qui est touchée, par la perte du statut professionnel. Ils sont placés dans un paradoxe entre une image sociale de séniors grisonnants toujours séduisants et le monde du travail pour lesquels ils sont trop âgés pour pouvoir encore y participer. Pour les deux sexes, il y a nécessité de remanier leur rapport à la perte et à la déprise, à l’espace et au temps, afin de ne pas sombrer dans le désespoir, mais de trouver, grâce à la créativité, de nouvelles issues sublimatoires.
Cite
CITATION STYLE
Blanché, A. (2007). Ruptures-passages : approches psychanalytiques du vieillissement. Gérontologie et Société, 30 / n° 121(2), 11–30. https://doi.org/10.3917/gs.121.0011
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