Abstract
La conception dominante de l’influence, à la fois en science et dans le sens commun, renvoie aux notions de soumission, d’obéissance, de conformisme, de suivisme ou à la manipulation. De nombreux faits, notamment expérimentaux, prouvent l’existence de cet aspect particulier de l’influence (études sur la soumission à l’autorité, le conformisme, la manipulation…), ce qui incline à se la représenter comme un rapport asymétrique mettant en scène une source et une cible. Suivant cette conception, la source d’influence poursuivrait des objectifs et utiliserait la cible afin de les réaliser. La source serait donc marquée par une volonté, un désir, un pouvoir, une conscience tandis que la cible ne serait que son instrument, un agent qui réaliserait, souvent sans le savoir, les objectifs d’un autre. D’autres faits, hélas trop souvent négligés, conduisent pourtant à mettre en perspective ces résultats et donc ce schéma de l’influence qui ne montre qu’une facette : une influence intrusive et néfaste dont il faudrait absolument se protéger. Nombre d’expériences et de théories montrent en effet que l’influence est un rapport symétrique, elle n’est pas primitivement et fondamentalement ce qui aliène ou anéantit l’individu, elle est d’abord ce par quoi la relation à autrui s’établit et ce par quoi l’individu se construit.
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Laurens, S. (2005). L’influence, entre science et fantasme. Hermès, n° 41(1), 83. https://doi.org/10.4267/2042/8957
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