Abstract
L’élevage de porcs au Bénin continue de faire face aux contraintes d’ordres alimentaires et sanitaires, caractéristiques fondamentales de la régression du taux de production porcine. L’objectif de cette étude est de répertorier les pratiques relatives à l’utilisation des plantes pour des fins alimentaires et de santé animales en vue de les améliorer. Ainsi, 70 éleveurs de porcs ont été interviewés sur la base d’un questionnaire prenant en compte les techniques d’élevages, la gestion sanitaire, alimentaire et des infrastructures, mais aussi l’utilisation des plantes dans l’élevage. Il en ressort que la majorité des éleveurs sont de sexe masculin (91,43%) et essentiellement caractérisés par les niveaux d’études primaire (34,29%) et secondaire (40%). Les porcs de races améliorées (94,29%) sont priorisés au Sud-Bénin et ces porcs sont élevés en claustration permanente pour la plupart avec une dominance d’habitats en dur (85,71%). La majorité des éleveurs formulent eux même leurs rations alimentaires avec des suppléments de fourrages. La gale (68,57%) et la peste porcine africaine (38,57%) ont été les pathologies les plus citées par les éleveurs. Au total, 42 espèces végétales appartenant à 23 familles botaniques ont été identifiées au cours de cette étude. Ces plantes sont utilisées aussi bien pour l’alimentation (60%) que pour le traitement de maladies (19%) ou les deux modes (29%). Moringa oleifera (15,14%), Carica papaya (13,3%), Manihot esculenta (12,39%), Ipomea aquatica (9,17%) et Talinum triangulare (8,72%) ont été les plantes les plus citées. Les feuilles (78%) constituent la partie la plus utilisée au niveau des plantes. Au total, 22 recettes ont été recensées, constituées d’une seule plante chacune et administrées le plus par voie orale et sous la forme de crudité. La recette impliquant Carica papaya (17,44%) dans le traitement de la parasitose digestive a été plus citée. De plus, une indication a été enregistrée auprès des éleveurs de porcs du Sud-Bénin pour le traitement de la peste porcine africaine impliquant Cochlospermum planchonii (6,98%). Les résultats obtenus sont la preuve que la flore béninoise dispose de plantes utilisées en alimentation et dans les soins de santé porcine qui peuvent faire objet de la production de provende et de phytomédicament utilisables en médecine vétérinaire.
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Okri Fréjus Hans, O., Koffi, K., Tossou Jacques, D., Amegnona, A., & Messanvi, G. (2020). Pratiques d’élevage de porcs au Sud-Bénin : utilisation des plantes dans la gestion alimentaire et sanitaire. Journal of Animal & Plant Sciences, 44(3), 7677–7694. https://doi.org/10.35759/janmplsci.v44-3.1
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