La forme-camp. Pour une généalogie des lieux de transit et d’internement du présent 1

  • Rahola F
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Cet article s’interroge sur le sens que peuvent revêtir les camps, ces lieux du provisoire qui finissent par devenir les territoires permanents des sujets destinés à les habiter et sur l’espace politique auxquels nous devons les relier. Nous avons atteint un point de non-retour pour lequel l’exil, en tant qu’expérience de persécution spécifiquement individuelle, motivée par des facteurs aberrants mais toujours liés à la biographie individuelle parle de quelque chose que nous ne sommes plus. Aujourd’hui, le statut individuel des sujets « déplacés » est le plus souvent effacé et reconduit systématiquement à des catégories totalisantes qui, dans le lexique du droit international et humanitaire, correspondent à une poignée de truismes : « internally displaced » (déplacés), « asylum seekers » (demandeurs d’asile), « temporary refugees » ou réfugiés de « prima facie » (individus objectivement persécutés dans leur pays de provenance auxquels on accorde l’asile temporaire), jusqu’aux migrants, « économiques » ou non, « réguliers » ou non – et ici le lexique semble perdre son caractère procédural ostentatoire puisqu’il a recours au terme plus connotatif d’« illegal aliens » (étrangers en situation irrégulière). Ce ne sont que des mots, mais ces définitions finissent par produire ce qu’elles indiquent.This article deals with the meaning of camps, these temporary places that end up becoming permanent territories for those who have to live there. The paper also focuses on the political space to which these camps are to be linked. We have reached a point of non-return where exile – seen as a specifically individual experience of persecution linked to individual trajectories – deals with something that we no longer are. The individual status of those who are “displaced” tend to often fades away to be systematically redefined through globalising categories that correspond, according to the lexicon of international and humanitarian law, to a handful of truisms: “internally displaced”, “asylum seekers”, “temporary refugees” or “prima facie” refugees (individuals who are objectively persecuted in their homeland and who obtain a temporary asylum), and migrants who are “economic” or not, , economically motivated or not, “regular” or not; to the point the lexicon seems to lose its pretentious procedual character as it employs the more connotative "illegal aliens". Those are but words, but these definitions end up producing what they name.

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Rahola, F. (2007). La forme-camp. Pour une généalogie des lieux de transit et d’internement du présent 1. Cultures & Conflits, (68), 31–50. https://doi.org/10.4000/conflits.5213

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