Abstract
L’étude des marchés scolaires et de leurs conséquences sur les inégalités est aujourd’hui un des objets privilégiés de la sociologie de l’école. Pourtant, l’une des questions est de savoir comment définir ces « marchés scolaires » et comment leur donner un contenu empirique et théorique. C’est le propos de cet article qui analyse les marchés scolaires à partir des catégories de l’économie de la qualité. Deux enquêtes empiriques, l’une sur les collèges et l’autre sur les lycées, nourrissent ici la réflexion pour montrer quelles sont les caractéristiques de ces marchés, la façon dont ils fonctionnent, quels en sont les acteurs et quelles conséquences ils produisent sur les inégalités scolaires. Trois résultats principaux ressortent. D’abord que l’éducation est un bien très particulier où l’incertitude sur la qualité est grande, l’information difficile à obtenir et où l’ensemble des acteurs en présence participe du fonctionnement du marché de la qualité éducative. Il ressort ensuite que les acteurs publics sont aussi partie prenante des marchés scolaires en agissant en fonction d’une gestion quantitative des flux d’élèves, et non dans la perspective de réguler explicitement ces marchés. Enfin, nous montrons que les marchés scolaires sont des marchés à « feed-back » : dès lors qu’une part de la qualité scolaire d’un établissement est le résultat de la nature de son public, les marchés scolaires contribuent à en définir par là même la qualité éducative tant du point de vue de l’efficacité que de la qualité de vie scolaire.
Cite
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Felouzis, G., & Perroton, J. (2007). Les « marchés scolaires » : une analyse en termes d’économie de la qualité. Revue Française de Sociologie, Vol. 48(4), 693–722. https://doi.org/10.3917/rfs.484.0693
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