Diversité génétique de la truite commune

  • GUYOMARD R
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La truite commune est naturellement présente dans toute l'Europe, dans les zones monta-gneuses du Maghreb, en Anatolie et dans certains tributaires asiatiques de la mer d'Aral. Sur cette aire de répartition, l'espèce présente une variabilité considérable pour de nombreux caractères (fig. 1). Un nombre important de sous-espèces géographiques et écologiques ont été définies sur la base de ces variations phénotypiques (fig. 2). Des analyses réalisées en pisciculture ont montré que la variabilité phénoty pique intrapopulation de certains caractères utilisés possède une forte compo-sante génétique additive chez la truite commune; c'est le cas du nombre de coeca pyloriques (Chevassus et al., 1979), du nombre de vertèbres (Krieg, 1984), des ponctuations noire (Blanc et al., 1983) et rouge (Blanc et Chevassus, résultats non publiés) de la robe. Ces études doivent être prises en compte, mais il faut aussi avoir conscience du fait qu'elles concernent la variabilité intrapopula-tion des caractères et sont réalisées sur des individus élevés dans des conditions de milieu aussi homogènes que possible. Elles ne nous renseignent donc pas sur la sensibilité des caractères à des différences de milieu telles qu'il peut en exister entre rivières et, par conséquent, sur la nature de la variabilité phénotypique entre populations prélevées in situ. Il faut donc se montrer particulièrement méfiant vis-à-vis des conclusions obtenues à partir de ces caractères. Ce sont, en fait, les études électrophorétiques entreprises depuis une dizaine d'années qui fournissent les informations les plus fiables sur la diversité génétique de la truite commune. Les données publiées jusqu'à présent concernent la Scandinavie (Ryman, 1983; Skaala and Naevdal, 1989), les Iles britanniques et l'Islande (Ferguson et Fleming, 1983; Hamilton et al., in press; Stephen, 1987), l'Union soviétique (Osinov, 1984), laGrèce (KarakousisetTriantaphyllidis, in press) et la France (Krieg et Guyomard, 1985). Dans ce chapitre, nous n'exposerons en détail que les résultats des travaux réalisés en France. Ceux-ci concernent (1) la diversité génétique des populations naturelles et domestiques, (2) la différenciation entre populations sédentaires et migratrices vivant en sympatrie, (3) les effets des repeuplements sur les populations autochtones. I. STRUCTURE GÉNÉTIQUE DES POPULATIONS NATURELLES DE TRUITE COMMUNE 1. Variations électrophorétiques chez la truite commune Un nombre total de 47 locus correspondant à 20 systèmes enzymatiques ont été examinés en routine (tabl. I). Sur l'ensemble des populations étudiées, nous avons trouvé30 locus polymorphes. Des croisements de contrôle (chapitre I, fig. 7) ont permis de confirmer la nature génétique des variations trouvées à quinze d'entre eux (tabl. I). Les modifications de fréquences observées dans certains peuplements naturels à la suite de repeuplements indiquent que le polymorphisme décrit pour deux autres locus, Tfn et Est-5, est génétique (Barbat-Leterrier ef al., in press). Nous disposons donc de preuves directes ou indirectes validant les modèles génétiques proposés pour les 17 locus les plus variables dans les échantillons que nous avons examinés. Nos conclusions sont en total accord avec celles d'autres auteurs (Taggart et Fergusson, 1984; Johnson et al., 1987). 2. Différenciation géographique Trente populations naturelles (fig. 3) ont été examinées. Dans certains échantillons prélevés dans le milieu naturel, des déséquilibres de liaison et des écarts par rapport aux proportions de Hardy-Weinberg ont été observés. Ces déviations par rapport aux valeurs attendues ont pu être attribuées aux effets du repeuplement (cf. II). Les conclusions exposées dans ce paragraphe sont déduites des fréquences alléliques obtenues après élimination de ces effets. La différenciation géographique varie considérablement selon l'allèle considéré. Un certain nombre de locus font clairement apparaître unedichotomieentreles versantsatlantiqueet méditer-ranéen. C'est le cas de Ldh-5 et Tfn. Les populations méditerranéennes sont pratiquement toutes fixées pour Ldh-5 (105) et Tfn (98) qui n'apparaissent pas dans la plupart des populations atlanti-ques (fig. 4). La même ségrégation géographique se manifeste à plusieurs autres locus. Cette subdivision est confirmée par le dendrogramme regroupant l'information recueilliesur l'ensemble des 47 locus examinés dans toutes ces populations (fig. 5). En première approximation, les populations méditerranéennes et atlantiques forment deux blocs distincts. Quatre populations de la zone méditerranéenne s'écartent de ce schéma simple. Deux d'entre elles, (m2 et m3 ; fig. 3) se rattachent très nettement aux populations atlantiques. Leur localisation géographique suggèrent fortement que les deux cours d'eau qu'elles occupent ont été reliés au réseau méditerranéen à la Article available at

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GUYOMARD, R. (1989). Diversité génétique de la truite commune. Bulletin Français de La Pêche et de La Pisciculture, (314), 118–135. https://doi.org/10.1051/kmae:1989008

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