Abstract
Le tissu adipeux exerce une double fonction qui le place au coeur de l'homéostasie énergétique chez les mammifères. D'une part, c'est le seul tissu capable de stocker les réserves de l'organisme sous forme de tri-glycérides dans des cellules hautement spécialisées, les adipocytes. D'autre part, il secrète des molécules biologiquement actives, collectivement appelées « adi-pokines », qui sont impliquées dans la balance éner-gétique et le métabolisme glucido-lipidique. Les adi-pocytes eux-mêmes, mais également les cellules non-adipocytaires du tissu participent à cette fonction de sécrétion. Les adipokines agissent localement, de manière autocrine ou paracrine, et à distance (effet endocrine), sur des tissus cibles dont les muscles, le foie et l'hypothalamus. Certaines adipokines, comme le TNFα et l'IL6, sont des facteurs d'insulino-résis-tance et d'inflammation, alors que d'autres, comme la leptine et l'adiponectine, exercent des effets béné-fiques sur la balance énergétique et l'homéostasie glu-cidique. Dans l'obésité, l'hypertrophie adipocytaire et le recrutement de macrophages altèrent la fonction sécrétoire et induisent un profil inflammatoire dans le tissu adipeux. Les analyses d'expression génique sug-gèrent que l'hypoxie soit l'un des facteurs favorisant l'attraction des macrophages. Les conséquences loca-les et systémiques des interactions entre macrophages et adipocytes sont actuellement activement étudiées, dans le but de comprendre leur implication poten-tielle dans les complications métaboliques et cardio-vasculaires associées à l'obésité.
Cite
CITATION STYLE
Guerre-Millo, M. (2006). La fonction sécrétrice du tissu adipeux : implication dans les complications métaboliques et cardiovasculaires de l’obésité. Journal de La Société de Biologie, 200(1), 37–43. https://doi.org/10.1051/jbio:2006005
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