Abstract
L’association Droit au logement (DAL), créée en 1990, a largement contribué à l’évolution des répertoires d’action collective durant les dix dernières années en utilisant des modes d’action directe comme le squat ou le campement. L’article s’attache à expliquer l’engagement en son sein, en accordant une place centrale au temps dans l’analyse. En effet, l’existence de trois « générations militantes » qui se sont succédé entre 1990 et 1996 dans l’association, en fonction de l’insertion de celle-ci dans le contexte historique, est mise en évidence, grâce à une analyse prenant en compte aussi bien les défections que les adhésions. Cette attention aux modifications de la composition de l’organisation permet d’éclairer, de manière synchronique et diachronique, ses débats, conflits, scissions et tactiques, ainsi que leurs évolutions. Au niveau individuel, elle permet d’appréhender les évolutions des carrières militantes et les phénomènes d’entrée et de sortie. Les carrières de trois militants, typiques de chacune des générations, sont détaillées pour repérer l’articulation des raisons et des causes de ces flux. Celles-ci nous permettent d’illustrer la manière dont deux types de champs se sont différenciés progressivement durant les vingt dernières années, le champ partisan, dont dépendaient au moins depuis la fin de la seconde guerre mondiale la majeure partie des mouvements sociaux, et le champ militant, dont DAL nous semble constituer une organisation typique.
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Péchu, C. (2001). Les générations militantes à droit au logement. Revue Française de Science Politique, 51(1), 73. https://doi.org/10.3917/rfsp.511.0073
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