Abstract
Il existe une tension apparente entre l’idée d’apprenant autonome, promue par les tenants des classes « participatives », et l’argument participatif selon lequel l’apprentissage est un processus intrinsèquement collectif d’induction vers des formes d’action historiquement établies. Dans cet article, nous essayons de comprendre la nature de cette tension et ses conséquences pour les pratiques d’éducation. Nous commençons par une brève présentation de la perspective commognitive sur l’apprentissage, qu’on peut considérer comme une version particulière de l’approche participative, selon laquelle la pensée est une forme individualisée de la communication interpersonnelle et l’apprentissage scolaire un processus de modification et d’extension de ce discours. Nous introduisons alors la distinction entre apprentissage niveau-objet et apprentissage niveau-meta, ce dernier nécessitant de suivre ceux-qui-savent plutôt que de se limiter à conduire ses propres explorations inventives. Nous soutenons qu’un certain taux de compréhension et d’accords mutuels est nécessaire pour que l’apprentissage méta soit efficace. Quelques exemples illustratifs, pris en classes de mathématiques et de statistiques, montrent un apprentissage qui survient alors que l’accord est respecté, et d’autres ce qui se passent lorsque certains éléments de cet accord sont violés. Nous concluons avec une mise en garde contre une interprétation rapide et unidimensionnelle du principe de l’autonomie de l’apprenant.
Cite
CITATION STYLE
Ben-Zvi, D., & Sfard, A. (2013). Ariadne’s thread, daedalus’ wings and the learners autonomy. Éducation et Didactique, 1–3, 117–134. https://doi.org/10.4000/educationdidactique.241
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