Abstract
Les trois postulats clés de la théorie du choix rationnel — que les comportements découlent de préférences stables, que les acteurs font des calculs coûts/bénéfices et que toute réalité sociale, quelque collective qu’elle puisse paraître, ne peut s’expliquer, en bout de piste, que par les calculs rationnels des individus impliqués — se voient amplement confirmés par le sens commun et par la recherche sociale. Et pourtant il existe de vastes pans de la vie sociale dont la théorie ne peut pas vraiment rendre compte, à moins de rendre la théorie tautologique et anodine. Plus spécifiquement, la théorie est incapable d’expliquer comment les gens forment leurs préférences et comment ils construisent leurs identités. À cet égard, une longue succession de théoriciens et de chercheurs, commençant avec les moralistes écossais, ont examiné en profondeur les domaines de la vie sociale qui ne sont pas conformes à la perspective hobbesienne fondée sur l’égoïsme calculateur. Il apparaît donc futile d’argumenter que la théorie du choix rationnel correspond ou ne correspond pas à l’ «ultime réalité» ou de passer plus ou moins auto- matiquement d’un modèle à l’autre selon les besoins du moment. Il faut plutôt identifier de façon plus constructive à quelles questions chacun des différents modèles apporte des réponses satisfaisantes.
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Rule, J. B. (2012). Les leçons du choix rationnel. Sociologie et Sociétés, 34(1), 51. https://doi.org/10.7202/009745ar
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